KikouBlog de Mustang
Mustang

Interview n°2
Par Mustang - 2008-08-13 18:46:19

 Voici la suite avec l'interview de Benoît Laval que j'ai réalisé en avril 2006. Là encore, ses réflexions gardent toute leur pertinence.

 

 

Que penses-tu de l’engouement pour les courses nature?

 Je pense que c’est un mouvement de fond, qui va du retour à la randonnée à la protection de l’environnement. Les sportifs se tournaient vers le Paris-Dakar dans les années 80, ils préfèrent maintenant la nature. Les chemins sont plus jolis que le bitume, les coureurs changent leurs habitudes comme toute la société.

 

Et de  la surenchère dans  les difficultés?

 Des organisateurs pensent attirer du monde en pensant que ça va attirer du monde. Mais je ne pense pas que ça marche… Le Trailer veut se faire plaisir sur un joli parcours. La Réunion, l’UTMB, ou aussi le Tour du Golfe du Morbihan proposent des parcours cohérents dans le paysage, et cela marche. Mais je pense qu’il y a surtout beaucoup de création de petits Trails (petits par la longueur…). C’est qui permet aussi au plus grand nombre de s’initier. La difficulté n’est qu’un ingrédient, il faut aussi du paysage, de l’ambiance, de la chaleur humaine…

 

Et du dopage, un grand trailer ayant eu un contrôle positif récemment?

 Je ne crois pas au dopage dans le Trail, et je ne pense pas que Michel T... se soit dopé intentionnellement pour réussir une course (je pense le connaître). Il est amateur, tout comme moi et les autres, et il faut aussi aller bosser le matin, s’occuper du reste, et donc se soigner d’un rhume ou d’une petite blessure (surtout si tu es militaire comme lui). Mais il a pris des médicaments sans trop faire gaffe, et je suis d’accord avec la sanction, car il a fait une erreur.

Ceci dit, c’est sûr qu’il doit bien en avoir qui font du dopage du dimanche, comme pour tout. Mais tant que l’argent n’est pas là, il n’y a pas d’investissement « calculé » dans le dopage.

 

Un de mes amis coureurs me disait qu’on passe au trail quand  on n’a pas plus de résultats sur piste ou route, qu’en penses-tu?

 J’ai fait dix ans de piste, du 1.000m (2mn38s en cadet), du 1.500m, du steeple, et un peu de route sur Marathon sans trouver le temps (ou l’envie) à l’époque de bien m’entraîner, et j’ai fait 2h41mn, donc je sais ce qu’est l’exigence notamment de la piste.

Contrairement à ton ami, je pense que les Trailers ne courent justement pas après la performance, le résultat, un classement. Il y a d’autres motivations, dont celle de se faire plaisir. La piste ou la route, ça va bien tant que tu bats ton record, après on se lasse. Uniquement avec de la piste ou des semi et marathons urbains, je pense que j’aurais changé de sport depuis les 23 ans que je cours si c’était pour faire encore et toujours de la piste…

Question route, avec Vincent DELEBARRE, nous venons de finir 4° et 5° des Championnats de France des 100km FFA, pour notre premier 100km, et moi après 6 semaines de reprise. Nous n’avions rien à prouver, mais je pense qu’on en a surpris plus d’un…

 

Quelles sont les qualités d’un Trailer ?

 

Il faut de la puissance pour gérer le dénivelé, et pour cela il faut continuer de faire du fractionné court, du fartleck, du seuil… et un gros mental, pour gérer la distance et les coups de barre inévitables sur les longues distances. Il faut aussi savoir s’adapter et faire face aux imprévus : balisage, ravitaillements, terrains…

 

Que dire  à un coureur pour passer de la route au Trail?

 Au coureur qui hésite à se lancer, je lui dirais simplement de venir se faire plaisir sur un parcours qui lui fait envie (paysages, tracé). Son « chrono » n’aura pas d’importance…

 

 

Quel est ton meilleur souvenir?

 Je pense que c’est ma première participation au Grand Raid de la Réunion. 2000 fous réunis pour courir entre 18h et 3 jours, avec 16.000 mètres cumulés. Finir aurait déjà été suffisant… Je passe 55ème au Volcan après quatre heures de course, 20ème à Cilaos à la mi-course à presque deux heures des premiers (ce dont je ne m’étais pas renseigné à ce moment là…), et je reviens encore plus fort dans les vingt derniers kilomètres pour finir 5ème à dix minutes du vainqueur. L’appétit est venu en mangeant, je finissais usé physiquement mais facile dans la tête, dans un parcours de rêve, sur la course de rêve… Pour mon premier Ultra… Je ne sais toujours pas comment on fait pour avaler tout cela (beaucoup de mental…),  alors qu’en randonnée cela semble déjà très long en cinq jours...

 

Qu’en est-il du matériel  et des évolutions techniques?

 Rien n’est jamais à ses limites… Tous les records sont faits pour être battus ! On fera toujours un peu plus léger et plus « climatisé ». Mais je ne pense pas qu’il y ait de véritable révolution. Un bon produit, c’est aussi beaucoup de bon sens, de l’observation, de la pratique et de l’expérience, ce que beaucoup de marques délaissent au profit du design et du marketing.

 

 

 

 

 

Interview n°1
Par Mustang - 2008-08-13 18:38:20

     En tant que rédacteur en chef ( comme  je suis  le seul à m'en occuper, autant se donner du titre ronflant)  du mensuel "Dépêch'A3", magnifique gazette mensuelle  qui tire  à 120 exemplaires ( abonnement  internet gratuit sur demande), j'ai, par  le passé, interviewé quelques champions!!! 

Je vous  livre l'interview de Dominique Chauvelier que  j'ai réalisé  le 10 mai 2006 - Il conserve son actualité!

 

J’avais lu dans VO2, il y a quelques mois, un article dans lequel on affirmait que tu considérais les coureurs d’ultra comme des  bœufs; qu’en est-il vraiment ?

Le pire est que VO2 a repris cette affirmation sur le  Journal de la Confédération qui  avait repris ça sur Ça m’intéresse et, à chaque fois, personne n’a cité les sources. C’est particulièrement  imprudent ! A la rigueur, ils se  prenaient  un procès sur le dos !

Donc, un journaliste de  Running Attitude, que je connais très bien, m’interviewe. Et lui, je peux te dire qu’il est anti-coureur ultra machin ! Il me demande mon avis sur le cent  bornes. Je lui réponds en comparant l’entraînement du cent  bornes à celui du marathon quand, toi, tu as trois fois 5 000 à faire et, eux, ont une sortie de 40 bornes à faire, qu’il pleuve, qu’il vente, il faut  y aller, il faut être  un peu bœuf, on se  pose  pas de questions, on y va ! Mais ce  journaliste  a résumé le début de  la phrase les coureurs de cent bornes  et la fin de  la phrase sont des bœufs.

Après, on passe aux courses de 24 heures; Il me demande ce que j’en pense. Je  lui dis que les courses de 24 heures, ce  n’est pas de  l’athlétisme dans la mesure où l’athlétisme, pour  moi, se déroule  dans  un stade. Eventuellement, le marathon dont l’arrivée se fait dans le stade quand  il s’agit d’une épreuve  olympique, c’est encore de  l’athlétisme. J’ajoute que, dans  la course  à pied, il y a  plein de familles:: le trail, les courses de  montagne, le cent  bornes et lui, a résumé, courir  à 11 à l’heure, ce  n’est pas de  l’athlétisme! Alors  là, tout  le  monde  m’est tombé dessus !

Les courses de cent  bornes, pour  moi, cela fait partie de la famille de la course  à  pied sans  pour autant que ce soit considéré comme de l’athlétisme pur ! C’est comme si on allait dire, pour  les sports de balle, qu’il y aurait  une fédération des sports de  balle avec le volley-ball, le foot-ball, le hand-ball. J’ai rien contre  le cent  bornes ! La  preuve est que, pendant cette  polémique,  j’entraînais un coureur de  cent km qui a gagné à Chavagne, l’an dernier. J’ai pris des filles de  l’équipe de France de cent km comme  meneurs d’allure au Marathon de Paris. J’ai failli en faire  moi-même.

J’ai été très déçu de  la réaction des gens qui se sont déchaînés contre moi.  Il y en a très peu qui se sont  posés la question de savoir si j’avais bien dit  ça !  « C’est écrit donc tu l’as dit  ! ». Cela  montre  le peu d’ouverture d’esprit dont  font  preuve certains!  Récemment, au Marathon de  Paris, Guyomarch de  l’équipe de  France de 24 heures m’a  pris  à partie:

« Des mecs qui écrivent  ça, je leur  mets mon poing sur la gueule !

-Tu parles de quoi?

 

- De l’article que tu as écrit…

- Que tu as lu. Pas que j’ai écrit !

- Ben oui, tu as dit ça..

- Je n’ai jamais dit ça… attends, ne t’énerve pas comme  ça, je vais t’expliquer... »

Et je  lui raconte ce que je viens de te dire. Pour être  coureur de cent bornes, il faut avoir du caractère, il faut  être  un peu bœuf. Parfois, je me le dis  pour  moi! Ce gars  avait du mal à comprendre.  Alors là, je  lui dis que j’avais un bœuf devant  moi, alors qu’il fait  partie de  l’équipe de France de 24 heures, il n’avait aucune réflexion, aucune analyse, de recul. J’ai découvert  à cette occasion, un milieu un peu à  part, un peu fermé ! Ils sont  moins ouverts que les autres. A aucun moment, ils  ont eu  l’ouverture d’esprit pour se dire, oui, c’est vrai, il y en a parmi nous  qui courent en 12 heures, 14 heures, 15 heures. Dans  mon démenti que j’ai publié, je disais qu’au marathon de Paris, la moyenne des 30 000 coureurs est de 11 à l’heure ! Donc  je  n’ai rien contre les  coureurs qui courent  à 11 à l’heure!

Pour  moi, donc, être un peu bœuf, c’est avoir du caractère !

Que  penses-tu des courses ultra comme  l’UTMB? La Transgaule? Ne crois-tu pas qu’il y a  un peu de surenchère?

C’est de  l’aventure  humaine ! C’est exactement  pareil pour  le gars qui fait de  l’alpinisme, qui fait des  8 000. On pourrait  mettre ça dans la même famille, ce sont des défis  personnels. C’est vrai, peut-être, que certains d’entre eux ont peu de qualités pédestres, incapables de faire  un 1 000 m en  moins de 4 mn par exemple. Mais, le  principal,  c’est le défi qu’ils se  lancent  eux-mêmes en courant, en marchant, en faisant cent bornes, de faire  l’ultra-trail du Mont-Blanc, de faire  l’Everest. C’est bien, c’est  la force de caractère qu’ils  ont;  ils  ont peut-être des  qualités  moyennes au départ mais une grosse force de caractère.

Et toi, tu t’intéresses de  plus en  plus au trail?

J’étais du côté de  l’élite, en matière de chrono, toujours  à chercher à battre des records, 2 h 11 au marathon, les semis, .. Maintenant, j’ai cinquante balais. Alors, les  marathons, je les fais fun et, au  moins,  je sais que  je vais tenir jusqu’au bout. Donc, le trail est bien car tu n’as  pas  le souci du chrono. C’est un stress énorme en moins  que de  ne  pas avoir  le chrono. Si c’est trop dur, tu marches, après tu vas  plus vite… C’est une  philosophie, il ne faut  pas  parler de  performance  pure. Le trail me change
complètement après avoir fait du haut  niveau, de  la performance  pure. Chaque trail est différent: il y a des trails de 20 bornes, de 30 bornes, des durs, des  pas durs. On voudrait faire  une  hiérarchie, on n’y arriverait pas.

Que  penses-tu de  l’affirmation comme quoi les trailers sont  moins  performants que les  pistards  ou coureurs sur route?

Non, je ne le pense pas. Dans beaucoup de régions, notamment en montagne, beaucoup de  jeunes courent des trails. Ainsi,  j’ai connu un jeune de  25 ans qui travaille chez Adidas. Il court des trails. Je  l’ai vu courir et il court bien. Il n’a pas du tout  l’idée de courir sur  route. Il n’a pas été éduqué dans cet esprit. Il fait ses courses de  montagne, des trails.  Beaucoup de jeunes n’ont pas du tout envie  de courir sur  route, de faire des semis. Autrefois, on disait cela  pour  le marathon: le marathonien, c’était le mec de 36 ans qui n’était plus bon sur  piste et qui s’est  mis sur  marathon. Maintenant, on dit déjà moins ça,  pareil pour  le cent bornes, certains  le disent aussi: c’est celui qui ne peut pas s’exprimer sur  le marathon qui se rabat sur  le cent bornes.  Après le cent  bornes, il court  un 24 heures ! On n’en finit  plus  !

L’idéal, c’est de faire  un peu de tout; pour  le  coureur qui n’est pas  trop élitiste,  un coup, il se fait  son petit marathon, ensuite, c’est ce que  je conseille, il se fait, un mois après, un trail avec la préparation de son marathon. Il fait son trail sans se  prendre la  tête. En fin de saison, s’il veut se faire  un cent  bornes, il fait un cent bornes ! Et s’il veut terminer  par  un semi, il termine par  un semi! L’évolution de  la course  va aller vers  ça.

N’est-ce pas déconseillé  pour un jeune de  faire  un trail ?

Non, je ne crois pas! C’est un peu comme  pour  moi, quand  à 23 ans, j’ai commencé à faire des  marathons  à  une époque où tout le  monde en faisait  à 36-37 ans. On me disait, t’es fou de faire des  marathons  à ton âge, tu vas de cramer! Tu ne vas  pas durer  longtemps. Tu parles, j’ai cinquante ans ! Trente ans après, suis toujours  là ! Non, c’est la qualité de  l’entraînement et la récupération après les épreuves qui sont  importantes.  C’est l’excès qui est mauvais comme faire 5 marathons  ou 10 trails dans l’année.

Non, il faut absolument enlever cette  idée ! Tu fais  un trail et tu récupères 10 jours et, derrière, tu fais une séance un peu  plus vite  pour te redynamiser, des 400 par exemple. C’est l’entraîneur qui parle mais je vois les choses comme  ça !

Les trailers sont des gens qui se font  plaisir. Le trail, c’est la découverte de  la nature, de certaines régions.

Pour conclure?

Dans  les marathons,  je vois les émotions qui se  dégagent. Ainsi, un coureur qui fait  3 h 59’ 50, il a fait  moins 4 h, il est champion olympique ! Tu le vois, les larmes  à l’œil… Je trouve ça très beau !

Le haut  niveau,  j’en suis revenu.. Dopage, machin … Je  me sens beaucoup plus  à  l’aise  à un niveau en-dessous,  qu’avec  les athlètes !

 

 

 

 

Y a de quoi rire ?????
Par Mustang - 2008-08-06 16:25:12

Quelques souvenirs amusants et anecdotes de  mes courses en cadeau à l'occasion de mon anniversaire!

 

 

12 juin 1999, je participe  à ma deuxième course, celle du Belvédère, un 15 km qui  nous emmène en haut de  la forêt de Perseigne. C’est  le Lutin qui m’y a amené. Pendant  près de 12 km, on va discuter tous  les deux tranquillement, chacun sait que l’animal est bavard ! Mais à un moment, je  lui dis de  m’excuser et  je  le  plante là au  pied de  la dernière côte ! 1mn15 nous sépare à l’arrivée ! Il s’est rattrapé depuis !

25 juin 2000, c’est  mon  premier  marathon  au Mont-Saint-Michel. La veille, je n’ai rien trouvé de  mieux que de  planter  ma tente sur  un parking, sous  un pont routier  où toute  la nuit  les voitures  ont circulé ! Nuit blanche assurée. Avec Riah50, notre coach, Le Lutin et  moi partons prudemment. Le copain Joël, plus aguerri est parti devant ! Arrivés  à mi-parcours en 1h44, le Lutin et moi nous nous apercevons qu’on est  très  bien et décidons d’accélérer. Au 30e, nous passons Joël dans  le rouge en imitant un concert de  binious. Celui-ci se vengera  bien des années  plus tard ! On termine en 3h26 !

17 juin 2001, je remets ça avec le marathon du Mont-Saint-Michel avec toute l’équipe ! Il fait chaud. A un ravito, je bois quelque chose qui ne passe pas. Je sens  mes  intestins se  plaindre. Bien sûr, je suis en compagnie du Lutin. Je continue  mais ça commence  à urger ! Pas de  bol, on est en train de traverser  un des  deux villages du parcours, le Vivier-sur-mer ! Pas évident de courir en serrant les fesses ! Je laisse partir le Lutin. Mais que ce village est long à traverser, je ne vais pas  pouvoir attendre la campagne à sa sortie et je ne me vois  pas débourrer au milieu des spectateurs ! J’avise  un jardin à droite. J’ouvre  le  portillon et me précipite derrière  un carré de salades ! Je me bats avec le lacet de  mon short et enfin je peux  me soulager ! Je m’essuie avec ce que je peux ( !), je remonte  mon short et je repars vite à la  poursuite du Lutin. A la sortie du Vivier, il y a  une station d’épongeage. Je  me  lave  les  mains dans  le  bac mis  à la disposition des coureurs  pour se rafraîchir. Désolé, mais on m’a appris  à me  laver les mains après être passé aux toilettes et nécessité faisant  loi ! Devant  moi, une concurrente au short dégoulinant n’a pas  pris  le temps de s’arrêter comme  moi pour  le  même besoin ! Je ne rattraperai pas  le  Lutin et je finis en 3h21. Depuis, les copains se  méfient des  bacs d’épongeage, on se demande  bien  pourquoi !

23 novembre 2003, toute  la fine équipe se rend  en Bretagne  pour le trail de Nostang. En nous rendant au départ, le Lutin manque d’un cheveu de  nous flanquer en voiture dans le ria d’Etel ! Le trail a  un tracé  bien sympathique : il décrit  un huit, la  première  boucle  longeant le ria et la deuxième conduisant dans la campagne. A peine parti, le Lutin prend  la  poudre d’escampette ! Je ne suis pas au mieux de ma forme et je chemine en compagnie de Riah50. Une  première alerte quand  nous apercevons  un groupe de coureur sur  la droite qui nous rejoint. D’où viennent-ils ? Nous continuons et repassons pas la zone de départ où peu après, s’amorce la deuxième boucle du huit. Pas de souci, Riah50 et moi trottons de  bon aloi dans la campagne bretonne. Les coureurs sont très espacés car à un moment dans  une partie très dégagée, on n’aperçoit pas grand  monde devant ! Peu importe, on continue quand, soudain, venant à notre rencontre, voilà qu’arrive tout  un groupe de coureurs ! C’est la tête de course !!! Euh !! J’ai quand  même  pris  le temps d’examiner  le circuit et  j’ai un très grand sens de  l’orientation et je suis sûr de  mon parcours. Riah50 et moi continuons laissant  les autres coureurs  perplexes. Certains rebroussent chemin avec nous, d’autres continuent  à contre-sens. Mais d’autres coureurs continuent d’arriver face  à nous. Alors  les autres repartent  à leur suite, beaucoup font demi-tour ! C’est la pagaille totale ! Il fallait voir  la tête des coureurs complètement affolés, ne sachant  plus dans quel sens courir ! Moi, têtu, je continue mon parcours.  Vers  l’arrivée, il a quand  même fallu que  je demande mon chemin  car il n’y avait  pas de signaleur. J’arrive enfin. Les  « organisateurs »  ont  plié  les gaules, il n’y a plus rien sur la table de ravito. Que s’est-il passé ? Tout simplement, la tête de course et pour  ne pas dire  près de  la  moitié des  coureurs a enfilé la deuxième  boucle du  huit  à l’envers et les signaleurs aux deux  postes de contrôle qu’ils  ont rencontrés  les  ont  laissé  passer, ignorant le sens de  la course ! Voyant cela, beaucoup donc  ont fait demi-tour et se sont  présentés sur la  ligne d’arrivée comme s’ils avaient fait  la totalité du parcours (35km) alors qu’ils en avaient fait au  mieux 30. Le  pire est que  les  organisateurs  ont  officialisé cette arrivée ! Bien sûr, le Lutin faisait partie de ces  horribles tricheurs ! Riah50 et moi avons  sauvé  notre  honneur dans cette affaire, na ! Pas comme certains !

23 février 2004, j’ai entraîné  un groupe (sans  le Lutin) pour  un trail hivernal, celui du Vulcain, à Volvic. J’ai déniché  un hébergement dans  un gite de groupe dans  un petit village  à côté.  Le repas du soir se déroulait dans des salles voutées du plus bel effet. Notre  équipe de 5 coureurs s’installe à la table qui peut accueillir 10 personnes. Après  l’entrée, un groupe de 4 personnes s’installe  à notre table. Christophe reconnaît  un des  hommes et nous  indique qu’il s’agit de Benoît Laval que  je ne connaissais pas encore alors ! Le cuistot amène  le  plat  principal: escalope et pâtes. Mais il ne devait avoir que 6 ou 7 escalopes et des  pâtes  pour  5 ! Joël le  parisien ne s’embarrasse pas et se sert généreusement. A notre tour, nous nous servons. Si bien quand  le  plat arrive à Benoît Laval (Il y avait aussi Alexandra Rousset), il ne reste que 2 escalopes et 3 nouilles ! Visiblement, cela  l’a vexé car tout son groupe nous a tourné  le dos et ne  nous a pas adressé la  parole. Bref, on l’avait trouvé  bien bégueule ! Mais, bon, ok, ce  n’était pas sympa de  notre  part surtout  quand Joël a  passé  le  plat un peu rigolard! On s’est expliqué depuis à ce sujet et  les choses se sont arrangées  puisque  lors du RTT 2007, tout  le groupe est venu sous  les couleurs du F.C.N.B.L. (Fan club normand de Benoît Laval).

30 octobre 2005, c’est la dernière  manche du challenge des trails bas-normands à Grimbosq (14). Le  lutin et moi sommes au coude  à coude  pour  la deuxième  place ! Notre copain Jean-Marie s’en était fait  l’écho dans son  journal. Perfidement, j’avais laissé entendre que le  profil de ce trail très roulant était plutôt fait pour Thierry. En fait, il n’était  pas  particulièrement roulant ! Mais  le  fait  le  plus  marquant de ce trail de  plus de 30km est qu’il se déroulait  pendant  la chasse ! Si bien, qu’à un moment, nous devions  emprunter  un long chemin montant en bordure de  bois. Et tout  le  long de ce chemin, était  postée  une quarantaine de chasseurs, l’arme  à la main ou au pied, espacés d’une dizaine de  mètres. C’était  une vision assez surréaliste de voir  les coureurs en tenues  bariolées  passer  à côté des Nemrod en tenue de camouflage. Pas  un mot  ni un signe  n’ont été échangés ! Deux  mondes ! Et  pour finir, j’ai récupéré  le Lutin au 28e  km et  j’ai terminé devant  lui, gardant ma 2e  place au challenge !

29 janvier 2006, la fine équipe se  prépare à descendre sur  le Mont-Dore pour  le désormais trail  hivernal. Ce samedi matin vers 11h, au départ d’Alençon, le groupe se rassemble. Nous sommes 6 et partons  à deux voitures. Je  monte dans celle du Lutin avec Loulou. Cependant, depuis le  milieu de  la  matinée, il  neige abondamment. Nous  prenons  l’autoroute. Thierry n’a  pas  mis de  pneus spéciaux et il n’a  même pas de chaînes ! Nous sommes devant. Il neige vraiment beaucoup, cela devient inquiétant mais par  pour le Lutin. Sur  le Mans, il y a  une  bonne couche poudreuse sur  la  route. Mais Thierry conduit  à l’aise. Je  ne l’ai jamais vu aussi sûr de  lui. Et il nous  le dit. Il nous fait  un cours sur  la traction automobile ! Loulou et  moi commençons  à blanchir  à voir  les voitures au fossé, même  les fourgons d’entretien ! Il roule aux alentours de 80-90 km/h ! Au fou ! Et il double d’autres voitures ! Je propose que  l’on mette aux voix la décision ou non de doubler. Pas le temps de voter qu’il continue  à doubler les rares véhicules. Et pour  mieux faire, il reste sur  la voie de gauche de  l’autoroute, là où la  neige est épaisse et non tassée, ben voyons ! Il garde  la  même  vitesse sans  l’ombre d’une hésitation ! Cependant, Loulou et  moi n’en menons  pas large, surtout qu’on continue à voir des véhicules dans tous  les sens. Et  pour couronner  le tout, comme on doit s’arrêter  pour manger à l’aire de repos  peu avant Tours, dans  le rond-point qui accède au parking, il nous fait  une démonstration de tête-à-queue au frein à main ! Pendant qu’on mange nos casse-croûtes, des gendarmes arrivent et nous incitent à la  prudence car ils  ont vu des voitures qui roulaient trop vite !!! Tu parles !! Ensuite, après Vierzon, la neige aura disparu et nous arriverons à bon port dans  un centre d’hébergement à la sortie du Mont-Dore. Au milieu de  la  nuit, l’alarme incendie se déclenche. Je jette un coup d’oeil dans  le couloir mais comme  cela n'a  pas  l’air de se bousculer, je retourne me coucher. Les autres  n’ont  même pas bougé de  leur lit ! C’est bien Français, ça !

 

Abattage !
Par Mustang - 2008-08-05 11:39:40

Lu ce  matin dans  mon journal:

 

" Aux Etats-Unis, les  mustangs menacés d'abattage

 

Les mustangs sont des chevaux sauvages.Leurs ancêtres sont arrivés en Amérique du Nord avec les Espagnols. 33 000 d'entre eux vivent en liberté dans une dizaine d'Etats américains. En 1971, le Congrès des Etats-Unis les avait qualifiés de "symboles vivants de  l'esprit d'aventure historique de  l'Ouest". 

Dans  un souci "d"équilibre  écologique", l'Administration qui gère les terrains  publics fédéraux, veut réduire leur  nombre  à 6 000 et  pratiquer des abattages de  masse. Les défenseurs des animaux se  mobilisent"

 

 Ce n'est pas  le  moment que  je me pointe là-bas!!!

 

 

 

 

Je me souviens du Monde
Par Mustang - 2008-08-02 17:51:28

Je me souviens du  monde -1-

Les  instants de  mémoire sont autant de  balises qui surnagent dans  le tourbillon de  la vie. Pourquoi ceux-là et pas d’autres ?

A la différence de Georges Pérec, j’ai choisi ceux des  grands événements  mondiaux pour lesquels j’ai toujours  marqué un grand intérêt. Ceux qui suivent  ne sont  pas donnés dans  l’ordre chronologique. Beaucoup sont des tragédies, désolé !

1- Je me souviens d’un reportage sur  le conflit à Chypre au journal télévisé du soir sur  l’unique chaîne. Cela devait être en 1964. Le  présentateur avait pris des  précautions  pour annoncer les  images horribles à venir : sur une  musique grave, la caméra avançait dans  une  pièce vers  une baignoire où gisaient les cadavres d’enfants et d’adultes qui s’y étaient réfugiés en vain pour échapper aux  balles de soldats impitoyables.

2- Je me souviens de cet autre reportage à la  même époque, cette fois-ci sur  le Congo Belge. Il s’agissait d’une bavure de  la  part des Casques Bleus qui avaient tiré sur un combi Volkswagen conduit  par  un couple de Belges. Ils avaient tué l’épouse du conducteur et blessé ce dernier qui était assis au bord de  la route, rendu aveugle  par une  blessure à la tête. Je ne peux revoir  un Combi VW sans  songer au désespoir de cet homme et à l’indifférence des soldats de l’ONU dans  leur  mission dérisoire.

3- Je me souviens de Christine Ockrent qui interviewait en 1979 un ancien  premier  ministre iranien  du Shah, Amir Abbas Hoveyda dans sa  geôle, quelques  jours avant que ce dernier soit exécuté d’une balle dans la tête. Elle avait été particulièrement odieuse, impitoyable pour ne pas dire carnassière dans ses questions à cet homme qui se savait condamner.

4- Je me souviens de ce vendredi soir, en novembre 1977, alors que  je rentrais de  la base aérienne 105 d’Evreux, où j’ai assisté à l’arrivée en direct à la télévision de président égyptien Anouar el-Sadate sur  l’aéroport de Tel-Aviv. Menahem Begin et Golda Meïr accueillaient ce président au regard d’aigle.

5- Je me souviens de ce samedi 4 novembre 1995 ; nous étions en week-end chez des amis quand  nous avons appris  l’assassinat du premier  ministre  israélien Yitzhak Rabin. Nous en fûmes tous  atterrés.

6- Je me souviens de ce reportage vers  la fin des années 1970 ou début 1980 sur les  instituteurs en Afghanistan qui étaient assassinés par les Moudjahidines car ils avaient osé  enseigner aux  petites filles.

7- Je me souviens du 11 septembre 1973 lorsque les avions  bombardaient  le palais de  la Moneda. Depuis  le printemps avec la grève des camionneurs  fomentée par la CIA, je sentais  le drame venir cependant  j’espérais que la démocratie allait gagner. Salvador Allende demeure à jamais dans  ma  mémoire comme  le héros absolu.

8- Je me souviens de l’exécution ignoble par garrot de Puig Antich à l’âge de 24 ans  en mars 1974 ; cette vieille carne de Franco en train d’agoniser avait refusé  la grâce que  le  monde entier réclamait pour ce  jeune anarchiste.

9- Je me souviens de ce  mois d’août 1968  où la radio France Inter diffusait en boucle la Moldau de Smetana alors que  les chars russes écrasaient  la Tchécoslovaquie. Mon père m’avait appris en classe tous  les détails de ce  poème symphonique à la gloire de  la Tchécoslovaquie.

10- Je  me souviens de ce dimanche 27 octobre 2002 alors que  je courais dans  les causses pour  la course des Templiers. Malgré la beauté des  paysages, je ne  pouvais  ne  pas  m’empêcher de  penser aux otages de ce théâtre à Moscou. Ce  n’est que  le  lendemain, en quittant Nant que  j’ai appris à la radio de  la voiture les détails de  l’assaut tragique où les  otages furent asphyxiés et les  membres du  commando tchétchène abattus.

11- Je me souviens  de cette rentrée de septembre 2004. En voyant  mes  propres élèves s'ébattre dans  la cour d’école ce 4 septembre, je  ne  pouvais pas  m’empêcher de songer à ces autres élèves allongés à jamais dans  une autre cour d’école,  à Beslan.

12- Je  me souviens, bien sûr, comme tant d’autres de  ce 21 juillet 1969 où, au milieu de  la  nuit, toute  la famille s’était  installée devant  la télévision pour guetter  l’instant  où Neil Armstrong allait  mettre  le  pied sur  la  Lune. Je revois cette  interminable image  du  morceau du L.E.M. avec  les  barreaux de  l’échelle. Il a fallu attendre  longtemps avant d’apercevoir  le  pied de  l’astronaute sur  les barreaux.

13- Je me souviens de  l’éclipse totale de soleil du 11 août 1999. J’étais sur  les falaises au nord d’Etretat pour assister au phénomène. Il y avait  là une foule  immense. Quand  le soleil disparut et que  l’obscurité arriva, la température chuta, on vit  les vaches dans  le champ  proche se diriger vers l’étable et surtout il y eu un grand silence.

14- Je  me souviens du 21 mai 1981, vers 20h,  de retour de Paris  où nous avions effectué  une visite chez des cousins, Mireille et moi  étions sur l’autoroute peu avant  la barrière de  péage de Saint-Arnoult quand la radio a annoncé  la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle.

15- Je  me souviens du  nom du négociateur nord vietnamien, Le Duc Tho et du  lieu des  négociations  avec Kissinger  à Saint-Nom-la-Bretèche pour mettre fin à la guerre du Viet-Nam, au début des années 1970.

16- Je me souviens de Louis Washkansky, le  premier greffé du cœur  par  le professeur Barnard en 1967. Il avait survécu un peu moins de 20 jours. Une  image de  la télé avait  montré  la foule assemblée devant l’hôpital du Cap et, parmi cette foule, la  présence incongrue de Françoise Hardy ! Le second greffé  fut  un dentiste Philip Blaiberg.

17- Je me souviens lorsque  j’étais  militaire à la BA 105, en 1977-1978, je consignais entre autre travail, les bons d’essence des avions, et en particulier ceux du DC10 chargé de  la surveillance électronique au-dessus de  l’Afrique. Mais cet avion était aussi utilisé  par Giscard  lorsqu’il partait discrètement pour aller chasser en Afrique, notamment en Centrafrique ! Je  m’amusais alors  à suivre ces  périples grâce aux bons d’essence délivrés  sur  les aéroports africains.

18- Je me souviens de  la  prise d’otage des athlètes  israéliens aux J.O de Munich en 1972. Alors que  la fin des événements  pouvait faire espérer une  issue  heureuse, ce fut  le drame. Par  la suite, bien plus tard, j’appris que cela avait été du à l’impréparation, l’amateurisme de  la  police allemande.

19- Je  me souviens de  mon  prof de  Français au collège en ce  mois de  juin 1968 qui avait pris  l’habitude  de  nous parler assis sur un coin de son bureau !

20- Je  me souviens de l’extraordinaire, l’incroyable parade de Jean-Paul Goude  à Paris pour célébrer le bicentenaire de  la Révolution Française et de  la chanteuse Jessye Norman, drapée dans  un drapeau français, chantant  la Marseillaise sur  la  place de  la Concorde.

Moon up
Par Mustang - 2008-07-24 18:14:19

 Moon up*

 

 * Au jeu des  ombres, Antonioni est le  plus fort

Dans  la chaleur  de  l'après-midi, à révasser au ras de  la pelouse, un livre  à la main. Ombres et lumières m'interpellent. Non qu'il soit vaste, mais  je suis assez fier de  mon jardin avec ses coins secrets, ses  bosquets, ses  massifs et le soleil résolument de  juillet m'incite à effectuer quelques clichés.
 
 
 

 
 

 

La  lumière illumine  une capucine, magnifie  une feuille de  palmier. Le coup d'oeil est agréable mais la curiosité a été aiguisée. Je quitte  la terrasse et dirige  mes  pas  vers le fond du jardin. Par endroit, la pelouse est écrasée de lumière.

 


 

 

Les  nombreux arbustes y dessinent des  ombres. Lignes verticales et  lignes  horizontales se  mêlent.

 

 


 

Au ras de  la  pelouse, je  guette  je ne sais quoi. J'appuie sur  le déclencheur; c'est  bien  l'avantage du numérique. On n'est pas chien des clichés.

 


 

 Qui sait, peut-être un cliché se révélera  original?

 


 

 

 

 

J'ai l'impression que  la  lumière se  joue de  moi, ou  plutôt  les  ombres. Les sens en alerte, je guette. Un bruit derrière  moi, je me glisse à l'abri d'un buisson et observe.

 


 

 Je me  prends au jeu et réalise quelques clichés. je ne suis pas seul???

 

 

 

 

 J'ai  l'impression d'être  observé.

 

 


 

 

Je  ne  préfère pas quitter  mon abri, alors, tout doucement, je change d'objectif et  prends  un télé. J'ajuste  mon appareil, l'oeil collé au viseur, je  fouille dans  le massif qui est à quelques  mètres devant  moi. La  mise au  point  s'effectue et...

 

 


 

Ok!! je n'étais pas  le seul à profiter du jardin et de la torpeur d'un après-midi d'été. Mon chat Moon siestait  à côté de  moi!

A ciel ouvert
Par Mustang - 2008-07-22 19:47:07

A ciel ouvert

Lundi 14 juillet, 15h00.

Après  m’être  bien éclaté en VTT en forêt ce  matin pendant 2h30, direction Le Mans. Je conduis, Mireille est  à mes côtés. Nous  y voilà : Clinique d’accouchement du Tertre Rouge.

 

 

Euh ! Quoi ? Mince, on est tombé dans  une faille temporelle : nous sommes en 1984 ou peut-être en 1988 quand  je conduisais Mireille  à cette  même clinique pour y accoucher de nos deux derniers. Je regarde Mireille, on s’est fait  un petit quatrième pour  nos vieux  jours ? Non, pas de gros ventre, pas de contraction ! Ah ! En lisant  plus attentivement le panneau, il est écrit en-dessous urologie. Ça, c’est  pour  moi !

 

 

Après  une  petite attente à l’accueil, une  infirmière nous conduit à mes appartements. Je  prends  possession de  mon studio loué  pour la semaine : un bon 20 m2 avec une très spacieuse salle d’eau et  un grand  placard. Question déco, c’est sobre, Valérie Lamidot n’est pas encore  passée  par  là : les murs  sont blancs, seule  une  petite reproduction égaie  un mur. Le  mobilier  bleu pas terrible est fonctionnel, ce n’est pas top design !  Cependant, la vue sur  un  bois de  pins se donne  un petit côté landais.

 

 

Ce  n’est pas tout ça, les choses sérieuses commencent. L’infirmière revient avec un tube de crème dépilatoire. Elle se  propose d’officier à la tâche. Mince, Mireille est encore  là. Certes, l’infirmière est gironde  mais je  n’ai pas  le choix, c’est ma  légitime qui s’y colle ! Connaissant  mon anatomie, et  prudente, elle commande  un deuxième tube au cas  où ! C’est qu’il s’agit de faire  place  net de  la  poitrine jusqu’aux genoux. Je  me  mets en tenue dans  la salle d’eau, c’est-à-dire  à poil !! Ouarf ! Elle est bonne ! Non ?  Ma tendre  m’enduit généreusement le  corps. Le  moment  n’est pas  à la gaudriole  mais on s’amuse bien ! Ensuite, c’est  à coups de racloir en plastique qu’on décape. Le résultat est …net ! Bon, les festivités continuent. C’est qu’ils savent recevoir  là-bas ! Ce  n’est pas encore  l’heure de  l’apéro mais une autre  infirmière revient en brandissant deux  bonnes bouteilles. Ce  n’est pas  pour trinquer et ce n’est que  pour  moi : « vous devez boire ces  2 litres »  me dit-elle ! Je regarde  les deux  bouteilles remplies en plastique : 1,5 + 1,5 = 3. Je  lui fais  donc  observer  pédagogiquement  parlant que c’est  plutôt 3 l ! Elle  me répond comme  un adjudant qui ne veut  pas  le savoir. «  Faut tout boire, monsieur ! »  J’attends cependant avant d’attaquer  ma boisson purgative. Puis, c’est le départ de  Mireille.

En même temps que  j’ai commencé  un mauvais  livre, Chili con carne , j’attaque ma  boisson. 19h, c’est  l’heure du repas. L’estomac  déjà plein de  liquide, je chipote dans  mon plateau. De toute façon, j’ai déjà commencé  les aller-et-retour aux w-c ! Je termine  la soirée  par  une bonne douche avec  un auto-bronzant à base de Bétadine. Deux  petites  pilules, un dernier réglage de  lit et dodo ! Vite dit, les  intestins en fête  vont  hacher  ma  nuit.

 

Mardi 15 juillet, 06h00.

« Bonjour monsieur, vous avez  bien dormi ? ». Ben, voyons ! Direction la douche pour  un nouveau décrassage  à la Bétadine. J’enfile  la camisole, enfin  j’essaie. Je  me bats avec  les  pressions. Bon, y a  pu qu’à attendre. Je  ne  pense pas. 7h30, mon taxi arrive. J’enfile  une charlotte et des chaussons de  la  même fibre. Je m’allonge sur  le  brancard et je pars  les  pieds devant ……comment ça  les  pieds devant, je croyais que… ! Le  plafond défile devant  mes  yeux. Ascenseur puis un couloir. La  ligne  n’est pas directe, j’effectue  un changement de  brancard  et de conducteur. C’est un jeune  avec un gros  bonnet bleu qui, avant de repartir, me couvre avec une couverture de survie. Il me gare dans  la salle de  pré-anesthésie.  Un autre   brancard  vient se  garer en double-file.  Pas  le temps de  faire  la causette avec son occupant, je repars  pour  la salle d ‘opération. Je  tords  la tête  pour essayer d’apercevoir quelque chose d’intéressant. Après  le sas, j ‘aperçois sur  le  mur  un tableau d’affichage avec des feuilles tenues par des aimants. C’est une salle d’opération ou un bureau ? Non, mon brancard arrive le  long de  la table d’opération. Zouuuuuu, on tire sur  le drap et me voilà installé sous  le scialytique. « Tendez votre  bras  droit, monsieur ! » Voilà. « Votre  bras  gauche ! » Pose d’un cathéter sur le dessus du poignet.  « Bonjour, je suis  l’anesthésiste…….. ». Vlan ! Quelqu’un a éteint  la  lumière……… ?

« Monsieur ! Monsieur…. ! ». Je grogne. « Monsieur… ! Monsieur… ! Vous  êtes  là ? ». Euh, sans doute ! Même pas capable de connecter deux  neurones. Bon, il insiste. Je grogne  une seconde fois pour  lui faire plaisir. Re-noir  ou blanc, c’est comme  on veut.

Lumière.  Tiens  me revoilà dans  ma chambre. On est  l’après-midi.  Des infirmières sont autour de  moi. Je suis câblé comme  un ordinateur. Y en a  partout. Ça clignote à gauche, ça  ronfle  à droite. J’ai des  machins qui me  pendouillent au-dessus de ma tête. Une  infirmière  m’explique leur  rôle. Sympa, je vais  pouvoir faire  joujou avec tout ça ! Même pas  mal, avec  un gros  pansement sur  le ventre et de  l’oxygène sous  le  nez !

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
( photos du Lutin.........!!!!) 

 

Voilà, c’est fait, deux  mois  pour en arriver  là ! Le téléphone commence  à sonner. Pas terrible  pour tenir  la conversation, la bouche  pâteuse, l’élocution laborieuse. J’arrive à tenir 2, 3 mn à chaque fois. Mireille arrive. Brouillard.

La  nuit va  être rythmée par  les  infirmières toutes les deux heures.

 

Mercredi 16 juillet

Je retrouve  mes esprits. Il faut chaud. Visite du  Lutin et de sa Josette. Thierry photographie tout, drague  les  infirmières. Il regrette  le temps où ces dernières étaient en sous-vêtement sous  une  blouse qui laissait tout voir. C’est ainsi qu’il en a gardé la mémoire   lors d’une  hospitalisation à 13 ans, à Tarascon pour  une  infection à un poignet. Enfin, il lui restait l’autre pour calmer ses émois ! On engage  une conversation avec  une  infirmière, marathonienne  licenciée à Endurance 72.  Ronde du chirurgien. Le soir,  je réussis à négocier avec l’anesthésiste un yaourt. Certes, j’ai  le  glucose en  perf mais  l’estomac fait des siennes. La soirée est  lourde ; j’obtiens avec mon charme naturel un ventilateur prélevé dans la chambre d’en face !!! J’ai parlé de  la clim au chirurgien. Le  bâtiment est neuf. Lui et ses associés  ont été  petits joueurs. Effectivement, ils  n’ont  pas  investi dans la climatisation, sans doute que cela  leur faisait trop de  parcours de golf  ou de séjours  à Marbella en moins ?

 

Jeudi 17 juillet

Avec l’aide, je  me  lève  pour  la toilette. Mais  il faut trimbaler la tuyauterie, les  pots, la  poche ! C’est fou comme  on s’habitue  à ce genre de situation ! J’exagère  un peu, on commence  justement  à m’enlever de  la plomberie : exit  les  perfs  et la  morphine, exit  la surveillance cardiaque, exit  la surveillance des  gaz du sang, exit  le  premier drain. Justement, c’est  là que  je vais voir  les travaux. L’infirmière décolle précautionneusement  le gros  pansement que  j’ai sur le ventre.  La vache de cicatrice toute boudinée! Presque 11 cm de long, raccommodée  avec des gros  nœuds  noirs. Comme  me  l’avait expliqué le chirurgien, il y avait  plusieurs techniques mais une seule correspondait  à ma situation, celle dite  à ciel ouvert. Jolie expression pour  ouvrir  le ventre ! 2 gros  tuyaux sortent de  part et d’autre de  la balafre. Il s’agit d’en retirer un. Je  m’installe  pour  le spectacle.  Selon les conseils, j’inspire, je souffle et……. Non, pas trop douloureux et une sacrée étrange  impression quand  le tuyau se retire du ventre. Nettoyage de  l’ensemble et on laisse tout ça  à l’air  libre !  Les coups de fils et les visitent se succèdent, cela fait chaud au cœur.

Pour  le repas du soir, je  ne me fais pas d’illusion.  Mais si, on m’apporte  un yaourt et une comporte avec la  petite serviette sur laquelle est écrit «  Bon appétit ! » Humour !!!! J’attaque  mon 5e  bouquin !

 

Vendredi 18 juillet

Petit déjeuner royal avec 2 biscottes. Enfin, je devrais faire  moins  le mariole car, les  intestins, eux, ils ne rigolent pas. Je  dirais  même qu’ils  me  gonflent ! Doudiou, autre chose que de retirer  un drain. Je vais passe cette  journée  à me tortiller. Heureusement, je  peux  me lever et marcher.  2e drain à retirer. Pas flambard, je  préfère  ne pas regarder. Je soufffffffffle !  Toute  la  matinée et l’après-midi, les  moteurs  ont rugi et les  pneus crissé sur  le circuit Bugatti qui est  juste  à côté ! Je passe sur  le repas bulgare du midi « Bon appétit ! ». Je  n’ai même pas faim !  C’est fou, ça, je ne savais pas qu’on pouvait se  nourrir avec 2 yaourts et 2 compotes par  jour !

L’après-midi, la  kiné vient  m’entretenir  pour la suite  à venir. Je balise  un max  justement  à ce  propos. Cette  kiné ne  me rassure pas, il faut voir ; Elle  me tend  une feuille de suivie et les conseils sur  laquelle il est écrit  pas d’effort (vélo, sport, bricolage, jardinage)  pendant  un mois. Un mois, chic ! Ben non, sachant que  je suis  ultra-marathonien, c’est la  punition, rien pendant 3mois ! Mince, enfin si c’est  le prix  à payer, ce n’est pas cher !

Coups de fil et visite.

« Bon appétit ! »

Et broummm, criiiiiiiiiii,  sur  le circuit à côté jusqu’à 1h du matin !

 

Samedi 19 juillet

Réveil, piqûre, tension, prise de sang, température comme d’hab, visite du chirg. Midi arrive et que vois-je sur  le  plateau, à côté du yaourt et de  la compote ? Un gros couvercle carré  protégeant un bon plat chaud !!!! Je soulève……….. Perdu sur une assiette  un misérable carré de  poisson orné  d’une non moins  misérable tranchette de citron. « Bon appétit ! ». Même chose  le soir !

La  journée a été belle. Depuis  2 jours, je ne baisse plus le  volet roulant  pour  profiter du soleil se couchant derrière les  pins. Ce  n’est pas  le cas des voisins : bien avant que  l’astre se retire, j’ai entendu les  volets se  baisser les  uns  après les autres.

 

 

 

Dimanche 20 juillet

C’est vite  le train-train mais  là, le  midi, vrai  premier repas. Le Lutin revient avec sa  Josette  pour  me faire  passer la  journée, rejoints  pas d’autres amis.

 

 

Lundi 21 juillet

Gros  moment d’angoisse, ce matin. On retire  la sonde ! Certes, je me fais tripoter  le  kiki par deux  jeunettes, mais c’est  là que cela va se  jouer. Tout se  passe  bien. Maintenant, je vais enfin voir si je retrouve  mes fonctions. A première vue, c’est ok. Je commence  à  être soulagé, c’est le cas de  le dire !! J’en perds  pas  une goutte !

Visite surprise d’Allain et de Béatrice  le soir. On passe  un bon moment ensemble.

 

Mardi 22 juillet

C’est le départ. Dernière  piqûre, dernière  prise de sang. Et on retire  les fils !! Déjà !! La partie  n’est pas encore gagnée mais on tient  le bon bout.  

 

 

Il fait  beau. Mireille est au volant. Je regarde  la campagne. Quelle est belle, si simple à admirer sous  le soleil de  juillet.

Demain
Par Mustang - 2008-07-14 08:14:28

 Damigny, le 14 juillet 2008

 

 

 

Demain

 

Demain, avec Mireille, mon aimante épouse

 

Demain, avec Oriane, Romain et Dorine, mes enfants adorés

 

Demain, avec ma famille

 

Demain, avec mes amis si chers

 

Demain, avec vous tous ici 

 

 

             J'irai  là où le destin m'a conduit  et je reviendrai...

 

 


 

 

 

 

Peintures de sable
Par Mustang - 2008-07-11 23:16:09

Les  peintures de sable

 

 


 

Dans  les rituels de  guérisons  navajos, les  peintures de sable sont l’étape  ultime de  la cérémonie de guérison.

Auparavant  le chanteur  ou  homme-médecine   a déterminé la voie en rapport avec le  mal dont souffre  le patient. Cette voie  comporte des récits et des chants qui vont  invoquer  les  puissances dont  a besoin l’homme-médecine pour guérir son patient.  Ce sont des rituels qui servent  à rééquilibre  l’individu. On compte  plusieurs  voies qui correspondent aux diverses sortes de  maux qu’elles sont censées guérir. Voie du  projectile, voie de  la fourmi rouge, voie de  la  plume, voie de  la main tremblante, voie du grand dieu, la voie de  la Beauté, etc… L’homme-médecine est spécialisé dans certaines voies.

Les  peintures de sable représentent les entités choisies pour aider  le patient à vaincre  le  mal. En quelque que sorte, ces entités sont prises au piège du dessin.  Le  patient va alors s’identifier aux formes figurants sur  le tableau. Cette  identification sert à donner au patient puissance  et force, et à l’immuniser contre  le mal, à l’instar des entités représentées.

 

 

 

Une fois achevée la peinture de sable, on ordonne  au malade de s’asseoir dedans. Ainsi il va s’imprégner des forces des entités. Les  peintures  de  sable ont  le  pouvoir de  guérir de  par  leur facultés d’extirper le  mal du corps du patient. Après  la cérémonie, on efface  le tableau et les sables de couleur sont  jetés à l’écart, dans  un endroit où le  mal qu’ils ont absorbé ne  menacera  personne !

 

 

 

Le terme navajo pour désigner les peintures de sable, " sandpaintings " : " iikààh " peut être traduit littéralement par " l'endroit par lequel les dieux viennent et vont ". Ces dessins sont faits à base de pierres pulvérisées, de sable sec saupoudré et coloré avec des pigments naturels. L'intention de ces peintures est de permettre au patient d'être investi par les pouvoirs des êtres mythiques présents à travers ce diagramme coloré et de le guérir.

 

 

 

Elles ne sont pas uniquement faites à l'aide de sables colorés, rouges, jaunes (dépôt d'ocre) et blancs (craie), mais également de matières, à l'état pur et mélangées, telles que farine de maïs, pollen, pétales de fleurs pulvérisées et charbon de bois, qui sont répandues sur un fond sableux généralement doré.

 

 

 

Les Medecine-men utilisent leur pouce et leur index recourbé entre lesquels ils laissent le sable fin et coloré s'écouler en une ligne bien nette et régulière. Cette pratique nécessite une très grande maîtrise du geste. Les grains sont méticuleusement déposés sur un fond de sable de couleur terre préalablement étalé. Il s'agit d'une véritable mosaïque de sable ! Forme d'art éphémère ; aucun fixatif n'est employé. En effet, les peintures navajos devaient, pour des raisons religieuses, être détruites aussitôt après usage.

 

 

 

 

sources: 

Les Navajos / La voie de  la Beauté / Editions du Rocher

agoras.typepad.fr/.../navajos/index.html.

entre mer et terre, ciel et mer
Par Mustang - 2008-07-09 22:10:41

Loin des glaciers de la Vanoise,

loin des  gorges du Verdon,

là-bas, tout au bout de la Bretagne,

au bord de la mer d'Iroise, où la terre, la mer et le ciel s'unissent..........

 

 


 

 (photo organisation)

 

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