KikouBlog de Mustang - humeur
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Dites-le leur !

Par Mustang - 12-10-2017 10:22:25 - 8 commentaires

Mon club d'athlé dont  je suis  le  président, est co-organisateur  avec  le Conseil Départemental de  l'Orne d'une épreuve  à allure  libre pour  les femmes  dans  le cadre d'octobre rose,  pour  la  prévention et  le dépistage du cancer du sein. Ce dimanche  8 octobre après-midi, c'étaient  près de  3500 féminines qui s'étaient rassemblées sur  le campus universitaire de Montfoulon-Damigny. Bien sûr, comme  officiel,  je devais  prendre  la  parole  pour  un  message convenu.

Cependant, après  les  paroles de remerciement,  j'ai continué mon intervention avec le  message suivant :

 

Avant de  lancer  le départ de cette  manifestation sportive caritative,  je vais,  pour quelques  minutes, demander votre attention afin de transmettre  un message. Ce  message,  il est  pour votre mari, votre compagnon, votre père, vos frères, vos fils, enfin tous  les  hommes de votre entourage.  Vous  êtes  ici dans  le cadre de  la  prévention et du dépistage du cancer du sein. Je vais  vous  parler du cancer de  la  prostate pour  le quel pas grand-chose  n’est fait en matière de dépistage.  

Comme  le cancer du sein atteint la femme dans sa féminité,  le cancer de  la  prostate atteint  l’homme dans sa virilité,  outre  le fait qu’il soit  un cancer.

Non, ce  n’est pas  un cancer qui  ne touche  que  les vieux  messieurs ; des  hommes  jeunes, de 50 ans, de  40 ans en sont atteints !

Non, ce  n’est  pas  un cancer anodin. Chaque année,  près de  71 000 nouveaux cas sont détectés. 9 000 hommes décèdent chaque année de ce cancer, soit  25 par  jour. C’est  le  premier cancer qui atteint  l’homme en France avant celui du  poumon !

Les campagnes de dépistage contre  le cancer du sein dont  l’Orne a été un des  précurseurs ont  montré  leur efficacité. Il  n’y a pas de vraie campagne de dépistage du cancer de  la  prostate alors qu’une simple prise de sang pourrait donner des  indications  utiles  pour ce dépistage dès  50 ans !

Aussi  mesdames,  dites-le à votre  mari, votre compagnon, votre  père, vos frères, vos fils, tous  les  hommes de votre entourage qu’une prise de sang dès 50 ans  peut éviter  bien des drames.

Dites-le  leur !


Pour des informations sur ce cancer, voir ce site : www.anamacap.fr


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Destin

Par Mustang - 26-08-2017 23:10:56 - 3 commentaires

Destin

Ce samedi de fin août, c’est  la reprise au  niveau des courses  locales. Certes, ce sont des courses au saucisson mais ô combien sympathiques. Le tendon toujours en délicatesse, je  me contenterai d’assurer  un reportage  photos  pour www.normandiecourseapied.com pour  lequel je suis  photographe  bénévole. Donc,  direction Vignats, aux confins de  l’Orne et du Calvados pour couvrir  les Foulées de  la grotte  à Jules. Voilà bien  un  nom qui vous transporte ! Le  Lutin que  j’avais entrainé dans ce  lieu  improbable y a raconté  un récit  à sa façon ! Mon épouse  m’accompagne ; elle aussi adore  les ambiances de course !

Arrivé  15 min avant  le départ,  je  me renseigne sur  le sens de cette course  de 10,3 km en  2  boucles sans difficultés sauf un  méchant trou qu’il faut remonter. Depuis que  je connais cette course en tant que coureur,  il  y  fait toujours  très chaud. Aujourd’hui, la température est de 25°, c’est raisonnable  mais  il fait  lourd comme  on dit  par chez  moi.  Je  me dirige vers l’entrée du seul chemin que  les coureurs emprunteront, chemin  orienté  pour avoir  le soleil dans  le dos comme  il se doit ! Un  bénévole est  à l’entrée du chemin. Je  lui demande  la  permission de  me garer  un  peu  plus  loin en  lui expliquant  ma venue. De suite, il me  précise que  lui, qui a fait l’Indochine et  le djebel,  on  lui demande de  mettre sa voiture en travers de  la route pour faire barrage à  toute tentative d’attentat ! Ici, en  pleine cambrousse ! Je  lui explique que  pour  moi aussi,  organisateur de  3 courses  à venir à Alençon,  la  préfecture  nous demande  la  même chose, camions pour sécuriser  les  points de rassemblements et véhicules des  bénévoles  pour barrer  les rues d’Alençon ! Mais  ici, dans la plaine de Falaise, la guerre, c’était en 1944, pas en 2017 !

Je  gare  la voiture en bordure de route et  nous revenons vers lui. C’est  un vieux  monsieur  mais  bien alerte et  l’œil  pétillant. Il a  85 ans ! Il a revêtu comme  se doit tout signaleur la chasuble  jaune. Il a envie de  parler. Nous avons  du temps  pour discuter. De suite,  il  nous  parle de son épouse,  de 9 ans  plus  jeune, atteinte de  la  maladie d’Alzheimer ! Il  nous  précise qu’elle  a « une poche »  depuis  l’âge de  61 ans. Il l’a  laissé seule ; il  habite  non  loin d’ici. Elle  n’aime  pas  la compagnie. « De toute façon, si elle a besoin de  lui, elle sait  où il est !  C’est comme  ça ! ». Nous  lui demandons s’il a des aides pour  les tâches  matérielles,  lui  indiquons que des associations  prennent  pour une  journée ces  patients  pour  permettre au conjoint d’avoir du temps  à  lui. « « Pfutt,  non,  elle  n’aime  pas les  inconnus, elle  préfère rester seule ! ». A  priori, elle reçoit cependant quelques visites  par semaine. Nous  n’en saurons  pas  plus. C’est alors qu’il nous  parle du destin qui  les a  frappés sans  ménagement. Leur fille est  morte  à  l’âge de 8 mois et c’est « elle » qui  l’a ramenée à  la  maison, nous  précise-t-il. Leur fils s’est suicidé  à l’âge de  19 ans  pour  dépression. Nous sommes atterrés. Et il continue en  nous annonçant que son frère et sa sœur sont  morts d’un cancer. « C’est comme  ça,  la vie ! ». Que dire  après cela ?

Nous nous éloignons sur  le chemin poussiéreux vers  le spot que  j’ai repéré. Préparer  mon appareil  photo et  les réglages oblitère ce que  je viens d’entendre.  Il fait  beau sans  trop de chaleur. Une  légère brise parcours  la  plaine. Je  me  poste  non  loin d’une  haie  bordant  un herbage  où paissent quelques vaches. La  lumière est  bonne,  la  perspective dégagée  par  le chemin et  la  haie vont donner du sens aux  photos que  je vais prendre. D’ici quelques  minutes,  les coureurs  ne vont  pas  tarder. Pendant  plus d’une  heure,  je vais les photographier. Plus de  1000 clichés et ce  n’est qu’une  petite course ! Ce soir,  à la  maison,  je vais  les trier.  Ce  n’est que sur  l’écran de  l’ordinateur que  je verrai pour  nombre d’entre eux, sur  leur visage, la souffrance de  l’effort, saisie en gros  plan.

A la fin,  nous retournons  vers  notre voiture. Le vieux  monsieur  nous a attendus  pour nous dire au revoir. Il sourit,  il a  passé  un bon  moment. Il sourit !


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Soyons extraordinaires !

Par Mustang - 04-05-2015 17:39:08 - 7 commentaires

A quelques  jours des Interclubs - rencontre classante d'athlétisme entre tous  les clubs de  la région sur deux tours -,  je  ne résiste pas au  grand  plaisir de vous proposer le superbe texte qu' a écrit  mon vice-président pour le blog du club l'A3Alençon

L'enjeu  pour  nous est de rester en National 3 .

 

"Le paradoxe de la condition humaine, c'est qu'on ne peut devenir soi-même que sous l'influence des autres." Boris Cyrulnik.

Nous voici à quelques jours d'un des plus grands moments du calendrier de la FFA : les interclubs !

Les 9 et 23 mai, notre cher club alençonnais va affronter les meilleurs clubs de la Basse-Normandie pour conserver sa place en Nationale 3.Que le challenge est beau ! 

Nous, athlètes, petits et grands, jeunes et moins jeunes, allons donner le meilleur de nous-mêmes pour porter l'A3 Alençon sur le toit du département et pourquoi pas aux meilleures places régionales.

Source d'engagement et d'épanouissement personnel, la pratique de l'athlétisme est aujourd'hui au cœur d'un processus réel d'inclusion sociale. Que l'on soit pauvre ou riche, blanc ou noir, du centre ville ou des quartiers sensibles, nous nous retrouvons régulièrement ensemble sur la piste, solidaires les uns des autres.

Les meilleurs d'entre nous seront sans doute à la fête et, poussés par tout un club, vont se transformer en champions inégalés.

Et comme tout le monde est à la fête, tous les autres athlètes vont ouvrir leur boîte à courage et s'arracher le cœur pour dépasser leurs limites. Quel moment unique de partage !

A l'heure de la solidarité et des actions citoyennes, les interclubs d’athlétisme sont l'exemple parfait de ce que le sport peut apporter de plus beau à la vie collective : être une ressource pour chacun, dans sa différence !

Soyons rapides. Lançons loin. Sautons haut. Et transformons-nous en une impressionnante vague collective qui réussit et dont le destin banal peut - l'espace d'un instant - devenir extraordinaire !

Sébastien  Marchal, vice-président de l'A3Alençon

 

 


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Sic transit gloria mundi

Par Mustang - 19-04-2015 20:20:39 - 9 commentaires

Ainsi  passe  la gloire du  monde......

Ce dimanche  19 avril, vers  16h, nous venons de quitter Alençon, sur  la route du Mans, pour aller visiter le prieuré de Vivoin (!).

A la sortie d'Alençon, et dans  les  villages traversés,  la foule est  nombreuse sur le bas-côté. Les bistrotiers  ont sorti les  tables.

Qué passa ? 

Rien  ou si  peu ! Simplement,  la foule s'est  massée  pour voir  passer  les  motos de ceux qui  ont assisté aux  24 h du Mans  moto !

Jeunes, vieux, enfants, assemblés  pour voir  le spectacle dérisoire de  motards  passant sur  la route .

!

Désolé  pour la qualité des images !

En 2008,  à la  même date de ces  24 h  motos,  j'avais, avec  des amis,  participé au relais UFO Ultra Méga Toff qui reliait Monaco à Monaco après tout en un périple en Europe en courant ( en favuer d'une association caritative  pour les enfants) voir ICI . Nous avions pris  le départ  à minuit à Sées après  le relais de GGO pour  rejoindre  la Bazoge au nord  du Mans, après  un  périple nocturne de  75 km  bouclé en  8 h !

J'avais écrit  un article avec  photo  pour  le  grand  quotidien  régional Ouest-France afin que notre périple soit conté ! Macache, nada ! Ouest-France avait  préféré faire un long article sur ce  public assis en bord de route  pour  voir  passer  les  motos  de retour des  24 h du Mans ! 

Bien sûr, j'avais félicité  le rédacteur en chef  pour la qualité éditoriale du  journal !

Sic transit gloria  mundi !


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Chroniques d'avril

Par Mustang - 14-04-2015 23:37:06 - 12 commentaires

Avril est  là,  le temps est superbe. Ce  6 avril, nous décidons d'aller  à  la  mer. Nous atteignons Saint-Germain-le-Vieux que  mon GPS a eu  bien du  mal a trouvé. En ce début d'après-midi,  la  mer s'est retirée. En vérité, cela fait bien  longtemps qu'elle s'est retirée. La  houle s'est faite terre.

Cependant, elle a  laissé son empreinte. Le regard repère vite  dans  la tourbe  les  nombreux  coquillages  parmi  le blé en  herbe.

Le  paysage est  humble.


Des  images simples... comme  le bonheur !

Nous  n'irons  à la vraie  mer que  le  jeudi suivant !

Vous  gardez vos réflexions sur  les verres de  bière !

Le samedi, ce sera  un  meeting d'athlétisme  à Coulaines. Sale temps  mais beau stade. Les  jeunes  du club doutent  pour leurs  perfs  à venir ! Je vais  prêter main forte au concours de la perche. Robin, éminent  kikou  ultramarathonien mais néanmoins  licencié FFA à Athlé72   me rejoint. On  passe  un bon  moment.

Et dimanche, c'est direction Vire  pour  un reportage  photos  pour NCAP. Au  programme  un trail urbain. De Vire,  je ne connais que  l'andouille et  le stade d'athlé !  Arrivé sur  la  place du château,  je vais  m'apercevoir assez vite que  le  parcours  proposé est  particulièrement engagé. Nous sommes sur  un  promontoire qui domine  la rivière. La vallée est  très encaissée. Ca va crapahuter dur sur  les  pentes ! Un parcours de  7,5 km et  un autre de  15, soit deux boucles !

Beaucoup de  lumière, trop  même ! J'ai du  mal  à trouver  un bon spot surtout que  le circuit fait de sacrées  boucles sur  les  pentes et  je  n'ai pas vraiment bien compris dans quel sens  les coureurs allaient  les  parcourir. Mais  ma Mireille  me  met dans  le bon chemin !

Le soleil tourne, les arbres bien qu'encore dénudés  font des  ombres sur les visages.  Nous changeons d'endroit. Après avoir traversés une friche  industrielle, nous  longeons  la Vire. Oui,  la Vire coule  à Vire !

Assis sur  le  parapet,  j'attends  le retour de  la deuxième boucle. Je suis distrait  par  une  bergeronnette des ruisseaux.


Voilà les coureurs dans  la deuxième boucle. Les jacinthes tapissent  les  parois rocheuses.


Plus de  1200 photos  à trier. Ca se fera  à la maison. Puis  les  réduire et  les envoyer sur  le serveur de Wilh  en  me connectant avec  une  liaison extranet.

En rejoignant  la voiture,  une enseigne attire  notre regard. Pauvre Ché ! Bof,  du côté de Cherbourg,  il  y a  bien  un pizza  nommée MonaPizza !


Lundi  13... hum,  pas terrible le  13.  Retour au Mans  pour une visite chez  l'oncologue.  Conversation détendue mais comme  le crabe n'en fait qu'à sa tête -  une tête de crabe  (°°) -,  on  passe en  phase  II. Sympa,  le  premier traitement a tenu  6 mois. Celui-ci, associé au  premier traitement, a  un taux de réussite de 30%.  Faut  être  joueur ! Allez,  on se revoit dans  un  mois en passant  par  la case scanner. La  phase III  me  pend au  nez... En attendant  la  phase IV. Tiens, Phase IV, amis cinéphiles, ce titre  ne vous dit rien ? Je  garde  un grand souvenir de ce film de  1974. Les  plus curieux  iront voir sa fiche ! Mais ce  n'est pas assez gore  pour le Lutin !


Mardi, c'est  l'été ! Vite un détour par  l'hôpital récupéré  un scan... ah, oui  j'ai des emmerdes ailleurs. glissons !

Midi, coup de fil de  la Ligue. C'est  officiel,  je suis  juge chef de sauts fédéral. J'en suis  particulièrement fier !

Repas  léger car c'est  la guerre  à la  prise de  poids. Puis  un bon tour en vélo dans  la campagne alençonnaise. J'ai  prévu  la  plaine  pour  ne  pas trop tirer sur  la  machine mais  je  me  paie  un côte bien relevée qui  me fait exploser  le coeur !

Les  paysages sont si  simples mais c'est cette simplicité qui  les rend si attachants ! Le  printemps est vraiment  là. C'est  la fête dans  les fossés et  les talus : ficaires,  violettes, primevères, anémones, orchidées, scabieuse.

Même  la courbure  de  la voie rapide  m'enchante !



Après avoir traversé Bursard,  je  prends la route d'Essai. Ici, c'est  le  pays du cheval .

Essai,  le berceau de  ma famille ! Désormais, c'est  plutôt  son tombeau. Arrières-grands-parents, grands-parents, oncles, tantes, cousins sont sous  le  marbre du cimetière. Ca a  un côté  pratique  à la Toussaint,  on ne fait qu'un voyage  pour  fleurir  les tombes.

Retour par  la forêt de Bourse. La sève  n'a pas encore atteint  les bourgeons !

Sémallé,  une  piste d'entrainement  pour  les chevaux. Courbure  parfaite de  la  piste.

Sur  la gauche,  là, derrière  les  maisons, vous  ne  le voyez  pas,  mais  il  y a  un champ. Et sous ce champ, qui y a-t-il ? Une villa gallo-romaine. Comment  je  le sais? Voilà déjà  un bon paquet d'années,  j'étais venu avec mes élèves faire de  la  prospection de surface sous  la conduite d'un archélogue. Sigilé,  petits vases romains, vaisselles diverses, tégula. On  y trouva  même des silex taillés !

Retour  à Alençon, je passe  chez  le Lutin  mais celui-ci est en vadrouille. Tant  pis,  je  prendrai  mon verre d'eau  à  la  maison, dans  le  jardin.


Ensuite tonte de  la  pelouse. Et que trouvé-je dans  un coin du  jardin? Une  morille ! Si ce  n'est  pas  un signe !

Et  pour finir,  un petit coup fil  à  mon petit-fils!

Voilà,  ne garder que  le  meilleur et  oublier  le reste ! Quel beau  mois d'avril ! Le semaine prochaine, envol en famille  pour Cambrigde et Londres !

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fifty-two years after

Par Mustang - 02-10-2014 14:18:47 - 13 commentaires

1962

 

2014

52 ans après,  en ce début d'automne tout vibrant d'un soleil estival,  je retournais à la  Mer de Glace.

Certes,  j'ai pris  un coup de vieux,  mais  le glacier en a  pris  un sérieux aussi  Clin d'œil

Désolé, en dépit de ce qui se fait sur  le web dans  la  même situation,  je  n'ai  pas repris  ma tenue de  1962... hum   les sandalettes pourtant !!!

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Journal

Par Mustang - 11-10-2013 23:01:38 - 9 commentaires

JOURNAL

 

Ce dimanche  18 mai 2008,  je cours  en forêt d’Ecouves avec  les amis écouviens. Voilà une semaine,  j’étais en Drôme à vivre ce mémorable week-end  des aventuriers du trail orchestré  par Jack.  Les Trois  Becs  en demeureront à jamais l’emblématique symbole, comme l’apogée d’un  parcours particulier.  Je suis dans  ma forêt avec  les copains  pour l’entrainement dominical, bonnes  jambes  mais je  ne  me sens  pas bien. Quelque chose d’insidieux  est en  moi. Je  n’en dis rien  à  mes compagnons. Le  lundi  matin, je  me précipite chez  mon toubib ; suite  à la description  de  mes symptômes,  je vois dans son regard ce à quoi  m’en tenir. Le  mercredi, quand  j’ouvre  le courrier du  laboratoire, l’évidence qui apparaît dans ce  que  je lis m’envahit. C’est  à ce  moment-là que  je suis  mort, ce  21 mai 2008 vers  12 h15.

 La suite fut  un torrent  violent qui  m’emporta. Cependant, dans ces  premiers  instants,  je dus faire  bonne figure auprès des amis, que ce soit  la semaine suivante,  lors du trail d’Ecouves, avec  les Kikous et  les Célestes. Tout au  long des  61 km que  je courus, Sylvain  m’accompagna. Ce fut  un trail noir. Le corps et  l’esprit en déroute. Quinze  jours  plus tard, c’était  le trail des  Naufragés sur Belle-Ile. Là encore, être  là, avec  les amis mais j’avais franchi  une frontière. Je devenais  autre.

Depuis, après  l'intervention chirurgicale,  il  m’a fallu retrouver  un corps  différent, déficient, autre… l’accepter donc puisque  l’essentiel était  préservé ;  préservé, oui, aux yeux des autres mais   pas aux  miens ! Trop d’orgueil, c’est certain ou d’intransigeance avec  l’idée que je  me fais de  la vie. Alors, va  pour les concessions mais  jusqu’à  quand ? C’est si facile pour  les  autres !  Mais   leur amour est si fort, si  puissant,  est-ce  lui qui doit me porter ? C’est cette vérité que  je dois faire  mienne.

Sauf  mon toubib espagnol, les  médecins spécialistes qui  me suivent,  bien sûr,  ne s’impliquent  pas  dans  mon vécu,  se  bornant que  dans ma réalité clinique. Ainsi, comme  ils  ne  m’écoutaient pas,  j’ai du leur écrire une  lettre  pour  exposer  ma façon de voir les choses.

 Le sursis  fut bref, suspendu aux analyses  qui révélèrent  que  le  mal était toujours  tapi au fond de  moi. Radiothérapies vaines, puis  un traitement médical qui  n’avait   pour objectif  que de circonvenir les cellules tumorales mais aux effets secondaires désastreux. Ce fut  le trou  noir. J‘ai refusé  par  la suite ce traitement sachant  parfaitement ce qui allait arriver. Alors, va  pour  le cyberknife à Tours ! En vérité,  je dois dire que  mon  cancérologue  a de  la ressource, c’est son métier aussi,  heureusement. A chaque fois,  il distille l’espoir !

Je  m’interdis d’espérer quoi que ce soit, apparemment peut-être, … mais au fond de  moi ? Croire que… Comme l’autre  jour, quand  j’ai ouvert l’enveloppe du laboratoire… et bien, non, cette  putain de courbe refuse de s’infléchir. Le dernier traitement de  juillet  à Tours  n’aura sans doute servi  à rien,  un de  plus ! Pourtant, avec  les analyses des semaines  à venir, quand  j’ouvrirai  les enveloppes, je crois qu’il y aura encore cette  étincelle.

La seule chose que  j’ai gagnée dans ce qui  m’est arrivé, c’est l’exacerbation de  mes sens. Tout ce que  je perçois est transcendé, les camaïeux de  la campagne,  la  courbe d’un champ sur fond d’azur,  les cumulus dans  le ciel d’été, le bruissement des feuilles de  maïs dans  la brise,  le chant de  l’alouette, l’odeur des feuillages du sous-bois que  la sécheresse de  l’été a avancé dans  l’automne,  la  pluie  battante en  montant  à Médavy. J’aime  me retrouver seul dans  mes  pérégrinations à pied  ou en vélo pour  m’immerger dans  la  nature qui  m’entoure, comme  pour  la boire,  l’absorber au fond de  moi. J’aime exercer  mon corps dans cet  univers, encore et encore. Mais je  ne suis  pas  libre,  simplement  prisonnier de ce que je veux demeurer. Cette aliénation trouble  mon jugement certainement. Ainsi quand  je  cours avec  les amis, ne  plus  être  à leur  niveau me trouble  profondément ! L’an dernier, suite  à une déroute,  je  m’étais enfui ! J’ai tort. L’essentiel n’est  pas  là,  l’essentiel  n’est  pas  là,  l’essentiel  n’est  pas  là.

J’avance donc, au  jour  le  jour, sans  pouvoir  me  projeter. La succession des  jours est  bien  là, je  prends  plaisir   à les vivre  pleinement auprès de  mon épouse aimante,  de mes enfants, de  mes amis, même si  je veux  leur cacher mon désarroi. Je travaille dans  le  milieu associatif sportif avec  toute  mon énergie,  j’y prends  grand  plaisir. Mon esprit y  trouve-là un équilibre, d’autres diraient  un dérivatif. Mais je sens-là que je contribue à  quelque chose qui a de  la valeur.

5 janvier 2014, les résultats, sans surprise,sont  mauvais. En attente d'un tep scan  à la choline  à Chartres.

19 février, Chartres, c'est  pire  à ce  à quoi  je  m'attendais. Plusieurs chaines  ganglionnaires sont atteintes. Métastases également sur  les  os du  bassin et sur  les vertèbres  lombaires. On a trop attendu !

En attendant,  je  m'occupe   l'esprit avec  les activités du  club: les régionaux en salle à Mondeville  puis  je descends au Pontet avec des  juniors  pour  les France cross. Françoise84 et Xhavier nous  hébergent!!!

28 février: rendez-vous avec le toubib: rassurant, pas le feu au lac, va pour des  injections tous les mois!

28 mars: les analyses sont très  bonnes!!!

15 juin: Le traitement semble faire de  l'effet. Cependant si "cliniquement" cela semble aller, je dois assumer des effets secondaires qui m'affaiblissent. J'ai l'esprit en déroute avec ce corps déficient. Le  moral est parfois au  plus  bas. J'aimerais tant qu'on me pose cette simple question "Comment vas-tu?". J'ai l'impression que  mes amis  n'osent  pas  me  poser cette question.

Ce matin, parti tranquillement en courant vers la forêt -j'ai pourtant beaucoup hésité- Une fois en forêt, je me suis senti à nouveau bien mais vraiment bien. retour par le  bar de Raymonde où étaient   les amis; comment vas-tu? Bien, vraiment bien.

18 mars 2015. Je reprends ce  billet 9 mois après  mon dernier  message. Que dire ? Cette année  2014, comme d'hab,  je  m'étais  lancé  un pari fou, toujours  par défi ! Un marathon !  celui de La Rochelle  pour fêter mon  passage en V3. J'aime bien les symboles ! Thierry, ami fidèle, va  me coacher.  Mais cet été  2014,  je  ne suis  pas bien,  très fatigué. je  n'arrive  pas à grand chose,  un  peu de vélo,  un  peu de footing. L'automne arrive et  je  n'ai quasiment rien fait. Je  n'arrive  pas  à suivre le  plan de Thierry,  pas de  motivation ! Cependant,  la rentrée du club,  la  préparation des deux courses dont  je suis co-organisateur, un  imbroglio avec  un coureur marocain du club vont  m'entrainer dans  un  maëlstrom infernal. Plus le temps de  penser. A  la  limite, c'est ce que  je recherche,  ne  plus  penser ! 

Le week-end Kikou à Sallanches  va  me faire  le  plus grand  bien. J'arrive  à me  libérer l'esprit. la visite trimestriel chez le cancérologue -pardon- l'oncologue  va  me booster comme d'hab ! Bon,  on va attaquer  le  plan d'entrainement sérieusement. Tu  parles  à 6 semaines du  marathon. Thierry, après son propre défi sur  les  100 bornes de Millau consacre ses dimanches  à m'entrainer. 'tain, quel coach ! Dur, dur,  mais  je  m'accroche mais 6 semaines d'entrainement ! En semaine, sur  la  piste  je fais  la qualité et  autour de Damigny  le footing renforcé. Ca va être  à l'arrache ! 

Merde,  les analyses sont  mauvaises,  le traitement fait  moins d'effet. Effectivement,  les  métastases sur  les  os du bassin et sur  la colonnes se font sentir ! Mais  je veux La Rochelle !  J'ai  la  hargne ! le week-end d'avant le  marathon, je vais  un cross! La séance du lendemain dimanche, je  la fais dans  les chaussettes!

30  novembre -La Rochelle. Retour 14 ans en arrère,  même  lieu, mêmes acteurs. Je suis euphorique, confiant ! Notre  hôte,  14 ans après... elle  me dit que j'ai pas changé, elle  non  plus !  Je dors bien et ce fut  le  marathon. Francois nous a rejoint,  plaisir de  le savoir  là ! Mon récit est  là

Rien  à redire, ce fut  inouï. J'ai tenu  30 bornes, Thierry s'attendait  à me voir craquer avant. Ce  marathon restera  comme un de mes  plus grands souvenirs de course, sans doute  le dernier mais  un des  plus forts. 

Les analyses suivantes sont encore  plus  mauvaises,  j'ai de  plus en  plus  mal. Par ailleurs,  mon tendon droit étant dans  un état déplorable,  j'ai  pris  la décision de  me faire  opérer fin janvier : nettoyage du tendon, rectification du calcanéum. j'y vais  la fleur au fusil; tout se passe bien. 6 semaines de  plâtre !

Voilà, nous sommes  le 18 mars:  plus de  plâtre depuis  7 jours, je  marche ! mais tout doux !! Je ne sais  pas quand  je vais  pouvoir trotter. Un  peu de  jardinage aujourdhui, il fait si beau ! Je fatigue vite. J'ai le  moral  ... En janvier,  mon canc.. oncologue  m'a engueulé car  j'avais  mauvais  moral ! 'tain, ça  m'a fait du bien. Il m'a boosté  pour  au  moins  2 mois ! 

Entretemps, contacté par  un organisme anglo-canadien, j'ai eu à  m'exprimer sur  ma situation de "cancéreux". D'abord  par écrit sur  3 jours ! puis  un oral  de  2h (t'ain, avec  les canadiens anglophones,  traduction simultanée ....) et rémunéré... bien ! ça  m'a permis de  mettre  à plat tout  mon ressenti,vraiment une bonne thérapie...

Dans  un mois  je  pars une semaine avec  mes enfants en  Angleterre.

Bon, ce  18 mars,  je suis  pas bien.. car je  me suis encore  mis dans  une situation  pas  possible...

Hier je suis allé à l'entrainement du club.. le bien fou d'être avec  nos  jeunes du club

Bon dimanche,  je serai  à St-Brieuc pour  un concours pour avoir  la qualification   juge fédéral,  je te dis  pas, tout ce qui faut  ingurgiter comme  règles.........

et  la semaine suivant juge régional "marche athlétique" à St-Lô

Mon  petit fils  parle.. on se voit  par skype. " salut papy" .. il est si  loin  à 800 km ! Ma fille cadette va se  marier en  juilllet 2016 ........... Quel bonheur !

vivre chaque  instant......intensément ....

13 avril 2015

Côté tendon c'est  pas terrible.. déçu.. je vois le chirurgien vendredi

Incidemment,  l'ophtalmo vient de  me trouver  une autre  merde; allez, zou, rendez-vous avec  un ORL pour  les sinus envahis  par des  polypes...

Pour  le reste, visite chez  l'oncologue ce  jour. Sans surprise,  les analyses ne sont  pas bonnes. En  plus des  injections, il ajoute  un traitement  par corticoïde. 'tain, de  la cortisone, bonjour  la  prise de  poids,  le visage  bouffi et  j'en passe et des  meilleurs.

On se donne  un  mois  pour voir si  je réagis au traitement. Sinon, direction  un autre spécialiste ppour  mettre  un  plan "B" avec  d'autres  médicaments.

L'escalade médicamenteuse commence.

Et  un autre scanner  pour voir  où en sont  les  métastases osseuses qui se font de  plus  en  plus  resentir au niveau du bassin !

J'ai pris  un gros coup au  moral.

Cependant, il fait beau. J'ai repris  le vélo de route. Je  me gave de sensations  printannières.

Dans  une semaine, direction Cambridge et Londres pour  une  petite semaine avec  les enfants.

Au fait,  j'ai eu  mon examen ( excellent  à l'écrit  mais beau  plantage  à  l'oral !). Je suis  juge fédéral sauts !

Et  puis,  j'ai changé  le titre de ce  billet. C'est "journal"  puisque  finalement  c'en est  un ! Mais qui  le  lira ?

6 mai: excellent séjour  à Cambridge

Nouvelles analyses, "ça" redescend ! On voit  mardi  prochain avec  un scanner !

 26 juillet 2015

deux  mois superbes.....

Belle sortie en forêt  de  presque  2 heures ce  jour ! j'étais bien  ! Le tendon couine  ... l'opération n'a  guère amiéloré la situation..

Mon  petit fils est est  à la  maison pour  10 jours ... quel sacré bonhomme !

Je sens  l'amour de tout  mon entourage pour  moi...et  l'amitié forte de tous  mes amis. Mais je dois faire face  à un gros coup de déprime. Je vais avoir  60 ans dans  10 jours. Je ne  pensais atteindre cet  âge ! Je suis assez désemparé. Finalement, je suis assez  immature ! :))

Je  n'ai pas connu  mes  grands  parents, refus  de la vieillesse de  mon  père. Donc  pas de repère. je vais naviguer  à vue  mais j'entrevois des espaces  immenses  à découvrir. 

Simplement,  il faut que  je me  persuade que  le mot  futur  a  un sens  pour  moi !

Je suis  libre  jusqu'au 11 août date de ma  prochaine analyse !

11 août: Après ces  mois de  liberté, c'est  la redescente ! Mauvais résultat... A chaque fois,  j'espère... la dernière analyse  pouvait faire espérer que le traitement de  la  phase II était  prometteur. Et  bien  non ! J'accuse  le coup ! Tout  l'après-midi,  je me défonce  à tailler toutes les  haies du  jardin, à  nettoyer le  jardin... en fin de  journée,  il est superbe. Vraiment. Cela  me remplit de  plénitude et  me calme.
Je vois  mon toubib  jeudi. On va passer en  phase III ... pour combien de temps? Ce qui  me chagrine, c'est que  je vais  changer de spécialiste. En effect  mon toubib actuel  me  l'avait annoncé si  on  passait en  phase III, ce n'était  plus de sa compétence. Nouveau traitement : j'ai  lu qu'il était très efficace . Quels seront  ses effets secondaires ? Il va tenir combien de temps...?

Ben, j'ai pas  pu résister ! je suis allé voir les effets secondaires Déçu. C'est la cata ! Il va falloir que  je fasse encore des concessions ..  mais  je sais qu'il y aura  un point de  non retour !

Jusqu'à quand ? 16 mois.

Jeudi 13 août 2015 : rv à la clinique; que ce fut  long, 3 h 30 !!-  pas de surprise,  on change de  protocole avec  un traitement plus  lourd et  un nouveau toubib ! cerise sur le gâteau,  j'ai donné  mon accord  pour  l'essai d'une  nouvelle  molécule ( reste  à savoir si  j'aurai  la  molécule  ou  le  placébo Embarrassé).

Le toubib  m'a parlé de courbe de Gauss... gaps,  où me situe-je ?

Là,  je suis tranquille  pour  3 semaines avant d'entamer  un sacré  marathon d'examens début septembre.

Cependant,  je suis  un  peu  perturbé,  je vais essayer de prendre  le dessus, c'est  pas  gagné !

jeudi 8 octobre

Voilà un  mois que  je  "teste" un  nouveau traitement. Assez contraignant avec des  horaires  précis. Je suis également  intégré dans  un  programme de recherche sur  une  nouvelle  molécule,  programme également contraignant. Tous  les  15 jours au  Mans  pour des analyses.

Ce  jour suis au Mans pour des "rencontres" animées par  la Ligue contre  le cancer. J'ai eu  une  prise de sang ce  matin. J'attends  les résultats. J'envoie  un SMS  pour que Mireille  me  les communique. Douche froide, c'est  pas  terrible du tout; ça continue  à grimper; Merde. j'ai du choper  le  placébo avec  le bol que  j'ai  ! J'essaie de surmonter  ma désillusion  mais c'est  très difficile; Pris  dans  le  maelstrom de  l'organisation des Elles et de  la Vétérane, mon esprit est bien occupé  mais le côté sombre est  là et  me  mine sournoisement. 

Retour au Mans  mardi prochain avec  le nouveau toubib. Ca devient de  plus en  plus dur !

mercredi 14 octobre

Vu le toubib, pas  le feu au lac ! Bon,  on verra  le  mois  prochain avec re-scan et re-scinti ! Plus les analyses de sang très contraignantes! Encore de  longs  moments à passer dans les  murs de Jean Bernard !  Il faut que  je cale  mes déplacements et mes vacances par rapport à un protocole d'analyses qui me laisse très peu d'amplitude  par rapport aux dates imposées.  Déjà la prise de  médocs à horaires précis !

L'autre  jour, à la réunion de  la Ligue sur  les  bienfaits du sport  pour les cancéreux, Sébastien, quand  je  lui ai parlé de  ma  pratique, m'a  mis en garde contre l'addiction au sport ! Faut savoir ! Je vais continuer comme avant, le toubib m'a dit que  je savais ce que  je faisais, et c'est tant  mieux !

J'ai un petit moral.

Ce  dernier entreprend  une  nouveau traitement  mensuel: Firmagon 80mg + zytiga 250mg +  Prednisone + JNJ ( essai thérapeutique en double aveugle). J’ai  un suivi tous  les  3 mois avec scinti et SCAN. Pendant ce  traitement de  18 mois ,  le PSA ne  marquera à aucun  moment  une  baisse,  il  passe alors de 13,96 à 139,45 le 17/03/2017. Si  les  différents scans  n’indiquent rien de spécial,  la scinti  monte  une extension des   métastases osseuses   sur  la sacro-illiaque droite  et sur  la  branche ischiopubienne droite.  J’ai repris une pratique sportive de  manière soutenue.

Le Dr ....  prend alors le décision d’arrêter  le zytiga et  le  protocole thérapeutique  pour  passer  à une chimiothérapie : docetaxel 140 mg avec  6 injections toutes  les  3 semaines à compter du  07/04/2017 

Je supporte  très  bien cette chimio.  Cependant,  le PSA après  une  baisse  le 28/04/2017 à 111, 06, remonte  à 123,49 le 19/05/2017 puis redescend  à 99,16 le  09/06/2017  pour remonter  à  106,7 le  30/06/2017. Le Dr Vogg juge  la réponse  à la chimio  peu satisfaisante. Il  prolonge  la chimio avec  3 séances supplémentaires,  la dernière ayant  lieu  le  04/10/2017.  ( à noter, suite  à la  pose du  porta-a-cath  à  droite en  mars  2017, j’ai développé  une trombose  de  la veine  jugulaire gauche jusqu’au tronc  inominé. Elle est en voie de résorption   par un traitement quotidien avec l’Innohep que  je  m’injecte  dans  le ventre en sous-cutané!). Prescription de Cacit vit D 1000 mg/jour et  injection  mensuelle de Xgeva 120 mg.

La scinti effectuée  le  31/10/2017 indique «  On retrouve une fixation  très  hétérogène sur  l’ensemble de l’aile  iliaque droite  qui redescend sur  le cadre  obturateur, avec toujours une  importante hétérogénéité de fixation sur  la  partie de  l’aile  iliaque. Une tomographie a été  pratiquée, elle retrouve  l’hyperfixation hétérogène de  l’aile  iliaque droite avec des zones un  peu  moins fixantes  mais  non  lytiques sur  l’examen scanographique de fusion au  niveau du  bord supérieur de  l’aile  iliaque droite. Persistance de l’hyperfixation focalisée de l’aileron sacré  gauche, et d’un foyer discrètement hyperfixant ponctiforme au  niveau T6. L’aspect scintigraphique reste relativement comparable à celui d’août 2017.

Il  n’apparaît  pas de  nouvelle localisation  osseuse secondaire sur  le reste du squelette. »

L’arrêt de  la  prescription du Prednisone a  pour conséquence de révéler des douleurs articulaires importantes et  une fatigue générale  latente;

Cependant,  ressentant des douleurs au  niveau de la  hanche droite, le docteur .... m’adresse au radiologue  pour entamer une radiothérapie visant  la crête  iliaque droite et l’ischion droit.  10 séances de radiothérapie sont réalisées ( fin  15/11/2017).

Si  la douleur à la  hanche droite  a disparu,  il demeure  une douleur discrète au  niveau de  l’ischion droit.

Je revois  le Dr ... le  05/01/2018 pour  un bilan.  Le PSA est  à  40,85 et  l’Enolase est  à 19,6 ( 16,9 le  30/10/2017.

J'ai dit adieu  à la course  à pied. Je continue cependant à effectuer quelques  petits footings en forêt ou sur  la route.

Courant février,  des douleurs au  niveau de  l’ischion droit et de  la  hanche  gauche se font sentir avec  insistance.  Je  prends du Doliprane  1 g , 3 à 4 fois  par  jour  pour atténuer ces douleurs.

 Je revois  l'oncologue avec  un bilan sanguin scintigraphique et scanographique  le  10 avril 2018.

Mercredi  4 avril,  je fais  la  prise de sang.  C’est  pire  à ce que  je  m’attendais. Le PSA est  monté  à 210,  l’Enolase a  monté aussi.  Depuis  2 semaines,  j’ai  un souci sur  la tempe gauche,  une  petite  grosseur douloureuse. Aussi,  le  mardi, pour  ma  journée  à la clinique,  lors du scan,  je demande  à ce que l’on  me radiographie la tête. Bien  m’en pris.  En attendant  les résultats, c’est  la scintigraphie.  Mais même  pas  un extincteur  pour  me sauver, je dégringole. Les  métastases  ont envahi mon squelette : outre  le bassin,  c’est  le fémur,  les  vertèbres,  les côtes,  le sternum,  l’omoplate et  le crâne.  J’attend  la visite chez  l’oncologue.  Il  me confirme  le  mauvais bilan. En  premier  lieu,  il faut traiter  la tumeur  osseuse  qui se situe à la frontière de l’os frontal et de  l’os  pariétal. Elle appuie sur  le cerveau ce qui  me  procure cette sensation de  migraine  permanente. Ce sera  10 séances de radiothérapie qui démarrent  lundi 16 avril. Par ailleurs,  le  médecin  me  propose  un essai thérapeutique des USA concernant   un traitement génétique. Je ferai  une  prise de sang et si  mes  marqueurs correspondent  « au cahier des charges »,  je rentrerai dans  le  protocole. Il  me faut attendre  un  mois  les résultats de cette analyse qui sera faite aux USA et en Suisse.  Sinon, ce sera sans doute  une nouvelle chimio. Il reste  plus grand-chose en  magasin  pour combattre  le cancer.

Mon  moral s’est effondré.

 

 




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Grouink !

Par Mustang - 13-06-2013 20:11:59 - 7 commentaires

Je veux bien  être  gentil  mais  là  faut  pas exagérer. J'arrive au col de Savi au-dessus de Vico, endroit superbe  pour  pique-niquer  à l'ombre avec  un  panorama  sublime. Eh bien, pas  moyen  la  place était  prise!

Ah les  porcs !

Y en a  même  un qui a voulu que  je  le redescende en voiture:



Certainement  pas!

D'ailleurs  j'avais déjà refusé de  prendre en stop  les vaches même si elles  la  jouent fine avec  leurs veaux!



Faut  pas exagérer!

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Le Chemin

Par Mustang - 03-05-2013 23:06:07 - 9 commentaires

Dimanche, en principe c'est direction Radon  pour la sortie écouvienne. Mais cette année, ce  n'est  plus que rarement que  je  me  plie  à ce rituel. Pour quelles raisons? Vacances, courses, autres... !

Depuis  hier,  je  me  pose  la question, vais-je courir  en forêt demain? La météo est bonne. J'hésite  avec  une sortie  en VTT. Mon Scott est resté accroché tout cet  hiver dans  le garage, trop de boue en forêt! Mauvaise raison! L'autre Scott route a eu  ma  préférence. La  promesse du  printemps, enfin,  m'incite à aller en forêt,  mais  pour cette fois j'irai  à  pied. J'ai très envie d'emprunter  le chemin qui  y conduit depuis  mon village. Ce chemin,  je  le connais  pas coeur et je subodore qu'avec   le printemps retrouvé, il va  m'enchanter. Aussi, ce  matin,  ma décision est  prise,  je pars de chez  moi vers Ecouves.

Ce  n'est  pas aux aurores que je pars  mais  vers 9h30,  le temps que  la chaleur printannière commence  à s'exercer. Je  prends  la sente du Milieu  puis traverse  mon village. Mon corps semble en accord avec  moi  pour cette fois. Faut dire que  je  le  ménage maintenant. Les  premières foulées à un rythme  lent  permettent  de  mettre aux  muscles et aux tendons de  s'échauffer sans brusquerie. Seul  mon esprit est tendu, avide de  capter  toutes  les sensations que  me procure  ma  progression. J'atteins  la campagne rapidement dont  l'horizon est  barré  par  le  massif écouvien. Je suis agréablement surpris par  mes sensations, visiblement  mon corps  me donne  le feu  vert. 

Je traverse  la départementale et emprunte  le  premier tronçon du chemin. Au  loin,  j'aperçois  un coureur  à  pied. Ici,  on se connait tous et  j'ai vite fait d'identier celui qui  progresse vers  moi. C'est François.  Un très grand  ultramarathonien. Après  une  période de galère  physique, il est revenu en bonne forme.. et  il en profite. Nous  nous arrêtons  pour échanger sur  nos projets respectifs.  Ce court  moment me  permet pas de reprendre  mon souffle   à proprement  parler - je  ne suis  pas essouflé- mais  permet  à mon corps de se  mettre dans  le tempo de  la course! Je repars vaillant. La discussion  a enflammé  mon esprit de courses et de  prouesses. Un virage , une voie à traverser et  me voilà vraiment dans  le chemin.

Les  premières  jacinthes et  la cardamine des  près s'y sont données rendez-vous. C'est  un chemin de  bocage, encore  humide des  pluies récentes,  mais j'attends  l'autre, celui  ouvert sur la campagne, sur ces grands espaces que  j'affectionne. Encore  une route  à traverser et  j'y suis.

 Non, rien de grandiose,  la simplicité de  la  nature  normande. Un  pré, un merisier dans  une exubérance blanche.


Un chemin tout simplement. Dans  le ciel,  l'alouette s'égosille avec ses trilles  en volant sur  place avant  de  plonger vers  le sol.

Je continue  ma  progression. le chemin à découvert retrouve  ses  haies  protectrices. La forêt se fait  plus proche.


Un banc  incite au repos. A vrai dire,  je  ne sais  pas si un séant s'y est  jamais posé  mais  l'idée de ce banc  ici est réconfortante. C'est  une  invitation  à  la  nonchalence.

Le chemin débouche sur  une  ondulation de  la terre. Quelque soit  la saison,  j'ai toujours été fasciné  par cette  perspective dénudée, comme  la  perfection d'un jardin japonais.


Je retrouve  la route qui  me conduit dans  un faubourg de Radon. Puis c'est  la  montée vers  la  lisière en  petites  foulées. Je suis  bien.

Je  me retourne  pour apprécier  le  paysage. La campagne est  légèrement embrumée mais sa vue est  bien apaisante.

Je continue  ma progression en forêt par  un chemin relevé.


L'air est tranquille. Je suis seul. Je traverse  le carrefour du chêne  à  la taverne pour  pénétrer dans  une sapinière. Verticalité des fûts  jaillissant d'un tapis de  mousse.


J'oblique vers  la  gauche par  une sente  humide qui s'élève ensuite vers  une  hétraie.  Seul le chant des  oiseaux de  la forêt  m'accompagne. Cela  me suffit.  J'ai  l'esprit en  paix.

Je traverse  le chemin de  la  messe  pour emprunter  une  longue sente. Les  hêtres commencent à se réveiller et tendent  leurs  jeunes  pousses vertes.  Ma foulée s'alège. Mon esprit également. C'est dans  une sorte d'apesanteur  grisante que  je  progresse. Il  y avait  bien  longtemps que  je  n'avais été dans de telles dispositions. c'est  très troublant et  jouissif  à la fois.  Une sentiment d'éternité  m'envahit...

Mais  il faut bien rentrer. Je retrouve  la route qui conduit  à Médavy, empruntée il  y a 15 jours par des  milliers de coureurs. Une  pensée pour Alexandre pour qui c'étaient  les dernières foulées de sa  jeune vie.


Mais  je  ne reste  pas  trop  longtemps sur cette route et  oblique aux Ragotières  à droite vers  un chemin  boueux,  largement boueux! C'est  un petit  moment  ludique! puis  à gauche   pour  une  longue  ligne droite bocagère.  Je débouche en  plein champ . A  ma droite,  la  butte Chaumont. A  nouveau  une route. J'hésite. Je rentre  par Colombiers par  la  route  ou  la voie romaine. Je sais  ce chemin  particulièrement  boueux et défoncé  par  les cavaliers.  Va  pour  la boue! Ne  pas se  prendre  la tête, ce  n'est que de  la boue;  Après cet épisode fangeux,  je reprends  ma foulée régulière, toujours aussi bien!  Voilà  la voie romaine.

Toujours émouvant de songer  à ceux qui  m'ont  précédé en ces  lieux  voilà  près de  2000 ans!

Bientôt  le clocher  de  mon village émerge au-dessus du colza  à la floraison entêtante.


Il est  bientôt  midi quand  je boucle  ce  périple de  plus de  21 km dont chaque  instant   a été  une  plénitude.

Il est des  moments  magiques comme celui-ci, pourtant  ô combien banal. Va savoir!  Je connais la réponse.

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