Interview n°2
Mustang

Aucune participation prévue dans les 8 semaines à venir.

Sa fiche

Interview n°2

Par Mustang - 13-08-2008 18:46:19 - 5 commentaires

 Voici la suite avec l'interview de Benoît Laval que j'ai réalisé en avril 2006. Là encore, ses réflexions gardent toute leur pertinence.

 

 

Que penses-tu de l’engouement pour les courses nature?

 Je pense que c’est un mouvement de fond, qui va du retour à la randonnée à la protection de l’environnement. Les sportifs se tournaient vers le Paris-Dakar dans les années 80, ils préfèrent maintenant la nature. Les chemins sont plus jolis que le bitume, les coureurs changent leurs habitudes comme toute la société.

 

Et de  la surenchère dans  les difficultés?

 Des organisateurs pensent attirer du monde en pensant que ça va attirer du monde. Mais je ne pense pas que ça marche… Le Trailer veut se faire plaisir sur un joli parcours. La Réunion, l’UTMB, ou aussi le Tour du Golfe du Morbihan proposent des parcours cohérents dans le paysage, et cela marche. Mais je pense qu’il y a surtout beaucoup de création de petits Trails (petits par la longueur…). C’est qui permet aussi au plus grand nombre de s’initier. La difficulté n’est qu’un ingrédient, il faut aussi du paysage, de l’ambiance, de la chaleur humaine…

 

Et du dopage, un grand trailer ayant eu un contrôle positif récemment?

 Je ne crois pas au dopage dans le Trail, et je ne pense pas que Michel T... se soit dopé intentionnellement pour réussir une course (je pense le connaître). Il est amateur, tout comme moi et les autres, et il faut aussi aller bosser le matin, s’occuper du reste, et donc se soigner d’un rhume ou d’une petite blessure (surtout si tu es militaire comme lui). Mais il a pris des médicaments sans trop faire gaffe, et je suis d’accord avec la sanction, car il a fait une erreur.

Ceci dit, c’est sûr qu’il doit bien en avoir qui font du dopage du dimanche, comme pour tout. Mais tant que l’argent n’est pas là, il n’y a pas d’investissement « calculé » dans le dopage.

 

Un de mes amis coureurs me disait qu’on passe au trail quand  on n’a pas plus de résultats sur piste ou route, qu’en penses-tu?

 J’ai fait dix ans de piste, du 1.000m (2mn38s en cadet), du 1.500m, du steeple, et un peu de route sur Marathon sans trouver le temps (ou l’envie) à l’époque de bien m’entraîner, et j’ai fait 2h41mn, donc je sais ce qu’est l’exigence notamment de la piste.

Contrairement à ton ami, je pense que les Trailers ne courent justement pas après la performance, le résultat, un classement. Il y a d’autres motivations, dont celle de se faire plaisir. La piste ou la route, ça va bien tant que tu bats ton record, après on se lasse. Uniquement avec de la piste ou des semi et marathons urbains, je pense que j’aurais changé de sport depuis les 23 ans que je cours si c’était pour faire encore et toujours de la piste…

Question route, avec Vincent DELEBARRE, nous venons de finir 4° et 5° des Championnats de France des 100km FFA, pour notre premier 100km, et moi après 6 semaines de reprise. Nous n’avions rien à prouver, mais je pense qu’on en a surpris plus d’un…

 

Quelles sont les qualités d’un Trailer ?

 

Il faut de la puissance pour gérer le dénivelé, et pour cela il faut continuer de faire du fractionné court, du fartleck, du seuil… et un gros mental, pour gérer la distance et les coups de barre inévitables sur les longues distances. Il faut aussi savoir s’adapter et faire face aux imprévus : balisage, ravitaillements, terrains…

 

Que dire  à un coureur pour passer de la route au Trail?

 Au coureur qui hésite à se lancer, je lui dirais simplement de venir se faire plaisir sur un parcours qui lui fait envie (paysages, tracé). Son « chrono » n’aura pas d’importance…

 

 

Quel est ton meilleur souvenir?

 Je pense que c’est ma première participation au Grand Raid de la Réunion. 2000 fous réunis pour courir entre 18h et 3 jours, avec 16.000 mètres cumulés. Finir aurait déjà été suffisant… Je passe 55ème au Volcan après quatre heures de course, 20ème à Cilaos à la mi-course à presque deux heures des premiers (ce dont je ne m’étais pas renseigné à ce moment là…), et je reviens encore plus fort dans les vingt derniers kilomètres pour finir 5ème à dix minutes du vainqueur. L’appétit est venu en mangeant, je finissais usé physiquement mais facile dans la tête, dans un parcours de rêve, sur la course de rêve… Pour mon premier Ultra… Je ne sais toujours pas comment on fait pour avaler tout cela (beaucoup de mental…),  alors qu’en randonnée cela semble déjà très long en cinq jours...

 

Qu’en est-il du matériel  et des évolutions techniques?

 Rien n’est jamais à ses limites… Tous les records sont faits pour être battus ! On fera toujours un peu plus léger et plus « climatisé ». Mais je ne pense pas qu’il y ait de véritable révolution. Un bon produit, c’est aussi beaucoup de bon sens, de l’observation, de la pratique et de l’expérience, ce que beaucoup de marques délaissent au profit du design et du marketing.

 

 

 

 

 

Billet précédent: Interview n°1
Billet suivant: Le recordman et le compétitif

5 commentaires

Commentaire de L'Castor Junior posté le 13-08-2008 à 21:40:58

Plus cohérent, me semble-y-il, mais effectivement toujours d'actualité.
Merci Philippe une fois de plus : vivement la suite de ces petits bijoux !

Commentaire de BENIBENI posté le 13-08-2008 à 23:25:13

En voila un qui ne crache pas dans la soupe ! Ca change du style: " eh oh c'est pas qu'a dis ça" ( surtout quand on risque de se prendre un gnon...), vous vaez eu raison les Normand d'avoir fait un Fans club !

Commentaire de shunga posté le 14-08-2008 à 08:51:17

J'aime bien ces interviews moi.
Merci.

Commentaire de Bambi posté le 14-08-2008 à 09:48:51

très intéressant, merci...

Commentaire de CLG posté le 20-08-2008 à 13:16:31

Instructif merci !!!

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Haut de page - Aide - Qui sommes nous ? - 0.16 - 525816 visites